Manœuvre de simulation d’un plan orsec

La situation géographique quasi montagneuse du territoire de la wilaya de Béjaïa lequel est traversé par quatre oueds importants et les dégâts occasionnés par leur débordement lors des hivers précédents ont poussé les services de la Protection civile à organiser, hier, une manœuvre ayant pour thème : « L’enneigement et l’inondation sur tout le territoire de la wilaya avec le déclenchement du plan ORSEC ». Cette simulation est effectuée en prévision d’éventuelles inondations des localités traversées par les différents oueds et les risques d’enneigement pouvant toucher les reliefs dépassant les 500 mètres d’altitude. Ce scénario a été concocté dans le but de mesurer les capacités de réaction des différents intervenants en vue de faire face aux situations catastrophiques, de tester le degré de fiabilité des plans et de juger de l’efficacité des moyens mis en œuvre.

C’est ainsi donc qu’il a été procédé à l’installation d’un poste de commandement fixe composé de tous les responsables de modules, à savoir les services de sécurité, ceux de la santé, des travaux publics et autres intervenants, sous l’autorité du wali auquel échoit la responsabilité de l’organisation des secours. l’organisation des opérations est menée par la Protection civile au niveau du poste de commandement opérationnelle installé à cet effet au niveau de l’unité principale de Béjaïa lequel sera en contact permanent avec la douzaine de secteurs d’intervention opérationnels répartis à travers les unités secondaires de la Protection civile implantées dans les principales agglomérations de la wilaya. Entrons de plain-pied dans les simulations : un premier bulletin spécial annonçant des pluies orageuses assez marquées accompagnées de grêles et de rafales de vent affectant les régions du nord du pays durant trois journées et des baisses sensibles de températures entraînant des chutes de neige sur les hauteurs dépassant les 500 mètres et un autre bulletin indiquant une forte houle et des vagues significatives pouvant atteindre les 8 mètres atterrissent sur les bureaux du centre de coordination opérationnel de la Protection civile lequel diffuse illico presto l’information à travers les unités tout en mettant en alerte et réquisitionnant tout le personnel.

Le lendemain, de fortes chutes de pluie et l’enneigement sur 400 mètres occasionnant des difficultés de circulation sur certaines routes, des coupures d’électricité dans plusieurs localités, l’infiltration des eaux pluviales dans plusieurs habitations et l’effondrement d’une maison poussent la Protection civile à engager tous ses moyens ainsi que ceux des autres services pour notamment dégager les routes. Tout en suivant l’évolution de la situation, les autorités mettent en œuvre les plans Orsec des communes. Le surlendemain, la catastrophe s’amplifie avec des habitations menacées par l’inondation et d’autres carrément emportées par des eaux en furie et là le directeur de la Protection civile rend compte au wali de la gravité de la situation qui dépasse les capacités des moyens engagés. Le troisième jour, c’est le retour progressif à la normale. Fort heureusement, ce n’est pas la réalité, ce n’est qu’une simulation mais fort bénéfique pour l’ensemble des intervenants qui peuvent à cet effet apporter des petites retouches à leurs éventuelles insuffisances. Il est quasiment sûr que les services de la Protection civile de la wilaya de Béjaïa peuvent aisément répondre présents à toute catastrophe d’autant plus qu’ils viennent de renforcer leur parc par l’acquisition d’un camion modulaire multifonctions et d’un camion échelle pouvant intervenir jusqu’au 8e étage d’un immeuble.

A. Gana