Le forcing du RND

A quarante-huit heures du jour « J », le Rassemblement national démocratique (RND) bat le rappel de ses troupes. Hier, après-midi, devait ainsi débuter un regroupement de l’ensemble des élus locaux du parti, des élus qui seront « consignés » à Béjaïa jusqu’à mardi, jour du scrutin sénatorial. Objectif non déclaré : travailler au corps le collège des grands électeurs et ne négliger aucune voix potentielle. Comme en 2006, le scrutin de mardi pourrait se jouer effectivement sur une ou deux voix près. Avec la défection du FFS, l’heureux élu sera normalement issu soit du RCD, du FLN ou du RND, un parti qui, malgré un handicap numérique théorique, entend jouer les invités-surprises. On rappelle que lors des élections locales passées, les trois partis avaient respectivement engrangé 116, 93 et 60 élus. En comptant les voix du parti de Louiza Hanoune, qui a officiellement adopté une consigne de vote favorable à celui d’Ouyahia, ce sont théoriquement 70 grand électeurs qui sont dans l’escarcelle du RND. Des chiffres qui ne présagent cependant pas de l’issue du scrutin en raison justement de l’importance des mouvements de dissidence et des transvasements que connaissent les partis. Le RCD enregistre officiellement l’exclusion de treize de ses élus. Le discours de ses dissidents évoque une véritable « cinquième colonne » qui serait incrustée au sein du parti de Sadi et dont les votes de mardi iront dans le sens d’un amoindrissement notable du score du candidat du RCD. Drivé par Salah Derradji, actuel recteur de l’université d’El-Taref, le FLN semble avoir vécu un épisode traumatique lors justement de la désignation de son candidat. Ecarté de la course, Mohand-Akli Bourouih pourrait provoquer une saignée notable dans les effectifs du parti de Belkhadem. Même s’il n’est pas indemne des dissidences, le RND semble le parti qui bénéficie le plus de la situation de « vases communicants » que connaît le champ partisan. Des sources proches du RND tablent ainsi sur un score qui dépasserait de très loin l’effectif des élus du parti. L’élection de Abderahmane Benseba, actuel P/APC d’Akbou, est présenté comme un « choix responsable » de nature à faire bénéficier la seconde ville de la wilaya d’une première représentation nationale.

B. B.