Va-t-il être réformé ?

S’il y a un collège d’enseignement moyen au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou dont l’histoire est grandiose, il ne peut être que celui baptisé au nom de Krim Rabah à Draâ El Mizan. Tout comme le lycée Ali Mellah qui a formé de nombreux cadres pour la nation algérienne, ce collège a, lui aussi, sa longue liste de cadres. Dès les premières années de l’indépendance, il accueillait des collégiens arrivant de partout : Maâtkas, de Tigzirt, de Makouda, de Tizi Gheniff et d’Aomar. Ses trois dortoirs étaient si exigus pour recevoir tous les élèves admis à l’examen de sixième. « Je garde de très bons souvenirs quand nous étions en internat. Les mercredis ce qui nous faisait plaisir était surtout la projection de films western. Celui qui m’a le plus marqué est « Quand le train sifflera trois fois », nous a confié un ancien interne, enseignant qui prépare sa retraite. Et un autre d’ajouter : « Je me souviens quand même dans la clandestinité, nous apprenions tamazight (écriture tifinagh) aux élèves arabophones venant d’Aomar », a ajouté un ancien collégien. Aujourd’hui, même si le collège continue à fonctionner, il est en dégradation avancée. Par manque de locaux, les dortoirs ont été transformés en salles de cours. Le personnel est prêt à se dévouer et faire tout son possible pour que ce collège garde son aura. Mais, on croit savoir qu’avec la mise en service du collège en construction à Hennia dont l’inauguration est imminente, le CEM Krim-Rabah serait réformé. Que deviendra cet établissement qui a vu défiler en son sein plusieurs générations ? D’ailleurs, les anciens voudraient qu’une association soit créée. « J’appelle tous ceux qui vont lire cet article à s’organiser afin de pouvoir créer une association d’anciens élèves du CEM Krim-Rabah. Ils peuvent s’inscrire par téléphone en appelant la direction de cet établissement », a conclu un ancien élève de ce collège.

Amar Ouramdane