Un projet de gaz de ville en perspective
Même si la commune de M’kira se trouve en grande partie en zone rurale, les autorités rassurent leurs concitoyens que si le réseau de transport de gaz naturel arrivait au chef-lieu Tighilt Bougueni, les extensions seraient faciles. « Il faudrait d’abord lancer le réseau de transport de huit kilomètres à partir de Adila, puis on passera aux études village par village », nous a appris le maire de cette municipalité. En tout cas, pour cette première phase, l’étude a été bouclée, il ne reste que le choix de l’entreprise et le lancement du chantier. « Dans les PCD de l’année en cours, nous allons lancer les études pour plusieurs villages », a ajouté notre interlocuteur. Les M’kiris souhaitent voir bientôt les opérations lancées, car même pour avoir une bouteille de gaz, il faudrait toute une gymnastique. « Nous n’avons pas où aller chercher ce combustible. Nous sommes encore à l’ère du chauffage avec du bois mort. Le raccordement au réseau de gaz naturel urge dans notre localité », nous a précisé un habitant de Tamdikt.
A quand alors le lancement de ce projet ?
Cent trente logements sociaux en attente de lancement
Depuis la création de cette commune lors du découpage administratif de 1984, aucun programme de logements sociaux n’a été réellement réalisé à M’kira. Même celui de vingt-six logements qui date de plus d’une dizaine d’années n’est pas encore réceptionné. « Au moins dix entreprises sont passées par là. Aucune d’elle n’a réussi à terminer son programme », a dit à propos de ce programme un ex-élu. Dans cette municipalité, tous les projets inscrits ont buté au problème d’entreprises réalisatrices. « Etant une commune rurale, les entreprises craignent de rencontrer des problèmes même dans l’approvisionnement de leurs chantiers en matière de matériaux de construction. D’ailleurs, les entrepreneurs ne se bousculent pas pour soumissionner », a enchaîné un deuxième interlocuteur.
Pour le moment, un terrain a été trouvé au lieu-dit Akkerrouche Oufella, pour recevoir cent trente logements sociaux, qui viendraient à point nommé soulager les citoyens qui sont dans le besoin. Et Dieu sait qu’ils sont nombreux dans cette municipalité ô combien déshéritée.
« Ici, à M’kira, les citoyens qui ont un peu de moyens sollicitent beaucoup plus l’aide à l’habitat rural. Il y a une forte pression de ce côté-là, si bien que nous demandons un quota supplémentaire pour satisfaire le plus grand nombre de demandeurs », nous a confié le maire.
Le lancement du lycée peine
Après de nombreuses démarches, les autorités locales ont pu arracher un projet de réalisation d’un lycée au chef-lieu. A peine les travaux de terrassement lancés, ils sont arrêtés car il faudrait demander une rallonge financière en raison du relief escarpé sur lequel sera réalisé cet établissement de mille places. En tout cas, les responsables locaux ont pu tout de même obtenir cette rallonge. Cependant, pour le moment, rien n’est encore concrétisé. Un autre problème qui compromettrait ce projet vient d’apparaître. « Des citoyens sous le sceau de l’anonymat ont adressé un courrier au wali, dans lequel, ils avaient demandé carrément la délocalisation de ce projet vers un autre site », nous a confié une source locale qui a requis l’anonymat. Selon une autre personne, le prétexte trouvé serait de le rapprocher de plusieurs villages.
Cela, disent-ils, profiterait même aux lycéens qui viendraient de la commune de Timezrit et même du village d’Ath Rahmoune, relevant de la commune d’Ath Yahia Moussa. « Pour notre première source, il serait difficile de le délocaliser car il nécessisterait plus d’argent en plus, surtout pour indemniser les propriétaires des terrains qui seront expropriés. De nombreuses embûches entourent ce projet au moment où les lycéens de M’kira font des kilomètres pour rejoindre leurs établissements à Tizi Gheniff ».
Amar Ouramdane
