La population réticente

La campagne de vaccination contre la grippe AH1N1, a débuté officiellement, à Ain El Hammam, dimanche dernier. « Le vaccin est disponible en quantité suffisante et l’EPH peut faire face à la demande » affirme notre source. Contrairement à ce qui s’était passé lors de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, les candidats ne se sont pas bousculés. Le rush n’est pas pour ces jours-ci. Au contraire, ni le personnel hospitalier ni la population ne semblent pressés de se soumettre à cette injection que d’aucuns redoutent.

Le service réservé pour la circonstance, est resté désespérément vide. Lors de notre déplacement à l’EPH, nous n’avons pas pu avoir le chiffre exact du nombre de vaccinés.

Un médecin nous a affirmé, froidement : »zéro pour cent » alors qu’un surveillant, bien qu’incapable de citer un nom, devant ses collègues, nous déclare qu’ »il y en a ».

L’opération devait cibler en premier lieu, les employés de l’hôpital, considérés comme « population à risque ». Or, les personnels médical et paramédical avec lesquels nous étions en contact, sont catégoriques. Personne n’envisage de se faire vacciner. « Je préfère tomber malade et me faire soigner » nous dit un infirmier. Ceux à qui nous avons demandé les raisons de ce refus, citent différents exemples, à même de dissuader les plus hardis. A les écouter, il faudrait une sacrée dose de courage pour affronter l’injection que la rue qualifié déjà de « dangereuse », surtout depuis l’incident de Sétif qui a fini par faire basculer les hésitants du côté des récalcitrants.

Lorsque les employés de la santé, et les médecins à leur tête, se dérobent à une opération qui, en temps normal, relèverait d’une simple formalité, il n’y a pas lieu d’espérer voir de simples citoyens affluer vers les centres de santé.

Pour que la majorité de la population se décide à recevoir le vaccin, il faudrait, d’abord, un travail de persuasion de la part des autorités. Même la dose inoculée au ministre de la santé ne semble pas convaincre les citoyens d’en faire autant.

A. O. T.