Très peu d’engouement

Au 3ème jour du déclenchement de la campagne de vaccination contre la gippe A(H1N1), le bilan de ceux ciblés par cette première opération (personnel médical et femmes enceintes) s’arrête a 2 chiffres au niveau de la daïra de M’chedallah soit 6 entre les corps médical et paramédical et 1 femme enceinte. Les trois centres de santé sur quatre que compte la circonscription de M’chedallah qye nous avons visité ce jeudi offrent le même décor : couloirs et salles d’attentes lugubres vides. Hormis le personnel qui tourne en rond sans trop savoir quoi faire les médecins étant en grève, ces services tournent au ralentit, l’activité étant paralysée a 80%.

Un vide qui n’est pas sans choquer ceux qui fréquentent ces centres et qui sont habitués à un mouvement de rush en ces lieux, désertés par la population, dès les premiers jours de grève, a l’exception des citoyens qui viennent exprimer leur solidarité aux grévistes.

Le tapage fait autour de ce vaccin a finit par provoquer un effet inverse à celui recherché par les responsables de ce secteur, comment serait-il autrement quand les avis contradictoires fusent de partout et de toutes parts a propos de ce vaccin qui a finit par revêtir les caractères d’un « tirage au sort » il est tout a fait logique que les catégories de la population ciblées dans un premier temps par cette campagne de vaccination hésitent a en faire l’expérience. Comment espérer convaincre un simple citoyen de se faire vacciner quand des médecins refusent de se le faire administrer ?

Un nouveau fait qui contribue à notre avis à dissuader les citoyens de se faire injecter ce vaccin est le fait que la presse fait état d’un mouvement de régression du virus A(H1N1) à travers le monde et que de nombreux pays européens commencent à signaler la fin de l’alerte.

De nombreux citoyens abordés à proximité des centres de santé émettent des avis différents à propos de ce vaccin ; une première catégorie dit avoir tranché par l’abstention, d’autres racontent vouloir temporiser avant de se décider tout en suivant de prêt l’évolution de la situation autour de ce vaccin. Une dernière catégorie sur laquelle tout ce bruit a produit une répercution négative sont les femmes enceintes qui cherchent à peser entre le risque, ne pas se faire vacciner et le risque de se faire vacciner.

D’autant plus que le corps médical et paramédical qui opté pour une neutralité quand au choix de la patiente, n’arrange pas le cas de ces femmes indécises qui ne savent plus comment faire face devant le doute qui s’est installé. Ces femmes s’entendent dire que le choix leur revient à elles et leurs conjoints au moment où elles cherchent désespérément un avis médical, il est facile d’imaginer l’état psychologique de ces femmes enceintes.

Oulaïd Soulah