Bilan effrayant sur les routes

Les axes routiers de la wilaya de Bgayet sont-ils donc devenus, une espèce d’exterritorialité de non-droit ? On serait tenté de répondre par l’affirmative à la lumière des statistiques pour le moins effroyables enregistrées au cours des 10 premiers mois de l’année 2009, plus de 80 morts et plusieurs centaines de blessés dont un grand nombre d’estropiés à vie. Des chiffres en nette augmentation par rapport aux années précédentes. A titre illustratif, la wilaya a enregistré au cours de l’année 2003, 65 décès et 105 blessés.

Il va sans dire que ce regain en nombre de morts avec comme corollaire une augmentation du nombre de blessés qui a emprunté la même courbe ascendante, a un impact purement négatif sur la santé publique que seuls les professionnels de la santé en charge des dégâts de « l’accidentologie » (service des urgences traumatologiques, chirurgie orthopédique, réadaptation fonctionnelle) connaissent vraiment « les lésions, souvent irréversibles, de l’appareil locomoteur dus aux accidents de la route sont très fréquents. Dans la plus part des cas, nous sommes en présence de traumatismes des membres et du rachis qui est terraplegié », nous explique un « chirurgien » du service public d’Akbou.

« Ce sont des blessés qui nécessitent des moyens de traitement colossaux et une prise en charge de longue haleine avec, au final, des résultats dérisoires », enchaîne-t-il. Les accidents de la route demeurent hélas, dans nos localités la calamité la plus dangereuse et pourvoyeuse de blessés graves.

Hélas, les statistiques sont incapables de refléter la véritable ampleur de cette hécatombe devenue un problème majeur de santé publique : « Nous ne disposons pas de système de recueil de données assez performant pour appréhender l’épidémiologie des accidents de la route en termes de mortalité, de mobilité et de coûts de soins », souligne notre interlocuteur.

Si les facteurs déterminants des accidents de la route sont connus (non-respect du code de la route, véhicules défectueux, mauvais état des routes) nous ne pouvons contrer cette tragédie muette, la plus pourvoyeuse d’handicapés par la faute d’une prévention adéquate, force est de relever que tout n’a pas été fait pour empêcher leur survenu. « L’expérience nous a instruit qu’aussi longtemps qu’on se cantonnera dans le tout répressif, on aura toujours autant d’accidents sur les routes », soutient le praticien.

Enfin, pour faite baisser ces statistiques, nombreux sont ceux, qui prônent une stratégie consensuelle intersectorielle de sécurité routière et un dispositif institutionnel réellement présent et efficace.

En un mot, élever au rang de priorité le facteur clef qu’est la prévention. Un facteur non monnayable… tout comme les vies humaines !

N. Maouche