Tizi-Ouzou, à elle seule, a enregistré pas moins de quatre manifestations en l’espace de trois jours. Des manifestations qui frolent l’émeute comme ce fut le cas, samedi matin à la Nouvelle-Ville où l’on a procédé à l’arrestation de 8 personnes parmi les protestataires. Le lendemain dimanche, Tizi s’est réveillée sur une autre action, menée par les villageois de Timizrit.
Cette zone de turbulences dans laquelle bascule la Kabylie a marqué aussi le coup de force des habitants de la commune d’Akbou qui ont bloqué, il y a à peine quelques jours, le siège de leur APC exigeant le départ du maire local. C’est dire que le malaise couve au sein de la société. Le marasme dans lequel évoluent des pans entiers de la population est frappant. Chômage, cadre de vie déplorable… sont autant de problèmes auxquels plus d’un est soumis. Une situation que même la qualification de l’équipe nationale du football aux quarts de finale de la Coupe d’Afrique n’a pu « étouffer ». Ces marginalisés se sentent lésés et délaissés par les autorités. Pour eux, le blocage de la route à Laghbar, n’est qu’une action parmi tant d’autres pour réclamer l’amélioration de leur cadre de vie. Ils sont revenus à la charge lundi en initiant une manifestation similaire. Encore une fois, le service d’ordre a été mis à contribution. On dénombre, en effet, trois interpellations. Pas loin de là, mais dans la wilaya de Boumerdès, plus exactement à Naciria, la même RN 12 a été bloquée par les habitants de Timizrit. Laghbar a été également fermée à la circulation, le même jour par la population locale, constituée pour la grande majorité, de jeunes qui réclamaient des postes de travail.
Le cycle des manifestations s’est prolongé hier à Tizi-Ouzou. La ville des Genêts a connu en effet un début de journée mouvementé marqué par deux manifestations au centre-ville. L’action de rue et la manifestation sont les seules alternatives qui restent aux citoyens pour attirer l’attention de l’administration et des élus locaux qui se jettent la balle. En effet, si les élus et P/APC estiment qu’ils sont dépourvus de tout pouvoir, les autorités de wilaya les accusent d’incompétence. Bien entendu, ces accusations ne sont pas criéss sur tous les toits. C’est toujours le citoyen qui est pénalisé, mais qui semble trouver son compte à travers ces actions de rue, puisque les problèmes posés trouvent souvent la solution le lendemain des manifestations. Les autorités de wilaya soupçonnent d’ailleur des manipulation derrière cette situation.
M. O. B.
