C’est une situation pour le moins kafkaïenne que celle que vivent les habitants du village Tissira, situé à une encablure du chef-lieu de la commune de Chemini. Perché sur une colline, le village est désenclavé par un seul chemin bordé de part et d’autre par une procession d’habitations. Mais, une fois traversé le village Aït Zadi, un affaissement et un glissement du sol s’aggravant chaque année davantage représentent une double menace, imminente et mortelle, et qui a tout l’air d’un piège à ciel ouvert.
En effet, et c’est là que le bat blesse, c’est que cette situation perdure malgré les nombreuses missives rédigées et adressées à l’APC et à la wilaya, mais hélas, les demandes demeurent lettre morte.
Actuellement, ce chemin carrossable n’est utilisé qu’à moitié, l’autre moitié a glissé, emportée par le poids de la pression malgré des gabions censés résoudre le malaise : or, eux-mêmes ont cédé aisément et se sont effondrées comme un château de cartes.
“Un jour ou l’autre, on nous risquons sérieusement de voir s’effondrer nos maisons sur nos têtes”, tempête un habitant dont la demeure est située en face du gouffre qui menace ruine.
Des promesses ont été tenues par l’APC. Des chefs d’entreprise se sont déplacés sur les lieux et cependant, aucune réparation ou prise en charge n’a été mise en œuvre, laissant ainsi de malheureux habitants sans aucune explication, sinon convaincante, du moins rassurante.
“L’été, ça va ! Mais, chaque hiver que Dieu fait nous dormons la peur au ventre, surtout les jours où les intempéries sont fortes”, avoue désespérément une femme tenant un bébé entre les mains, en réprimant difficilement un sanglot.
“On n’a même pas où nous loger dans le cas où nos maisons venaient à s’effondrer en nous laissant la vie sauve. Ces jours-ci, j’observe du balcon pour éviter le danger et la terre fuit sous nos pieds à vue d’œil !”.
Au demeurant, la largeur du chemin utilisé ne dépasse pas les deux mètres. Et l’imminence du danger est à prendre hautement au sérieux.
Selon toute vraisemblance, si aucune solution ne vient remettre le passage praticable, ce sont des familles entières qui risquent la mort et/ou un handicap physique dans le meilleur des cas.
Et un village entier qui se retrouverait dans l’isolement dont les âmes encore en vie attendent rien de moins qu’une réaction adéquate et urgente des autorités publiques. “La non-assistance à personne en danger est grave, non ?”, se demande en substance un conducteur traversant, prudemment le périmètre, comme s’il traversait un coupe-gorge.
Tarik Djerroud
