Insupportables conditions de scolarité

Depuis l’ouverture de ses portes à la fin des années 80, qui était un bonheur pour les habitants de la région, le lycée d’Adekar n’a connu, jusqu’à ce jour, aucune opération d’extension de ses infrastructures ou d’aménagement de son espace. Pourtant, le nombre d’inscrits ne cesse d’aller crescendo depuis lors. Aujourd’hui, l’état de l’établissement est dégradé et paraît fort exigu pour ainsi contenir une communauté aussi importante de lycéens qui évolue pratiquement dans des conditions, le moins que l’on puisse dire, déplorables, de surcroît pendant les périodes de basses températures. En effet, les 17 salles de cours dont dispose ce lieu de savoir ne répondent guère aux normes. A en croire les dires des quelques élèves scolarisés au sein dudit lycée, les murs et les toits de ce dernier sont tellement fissurés qu’ils laissent libre cours aux eaux de pluie de s’infiltrer, même dans les classes. Aussi, les chauffages qui se trouvent défectueux à longueur d’année, pénalisent davantage ces élèves du secondaire qui résistent mal au froid. Ce qui ne favorise sans doute pas l’assimilation des cours péniblement disposés.

Pire qu’à l’intérieur des salles de cours, les lycéens une fois dans la cour de récréation, se bousculent en faisant le va-et-vient le long de l’établissement, car le déficit en salles de récréations fait largement défaut. L’administration du lycée recourt parfois au gel des cours à chaque fois que la région enregistre une moindre chute de neige, comme unique alternative, ajoutent nos interlocuteurs. Pour ce qui est de l’hygiène dans cet établissement scolaire, les scolarisés avouent que l’insalubrité caractérise les coins et recoins de l’enceinte, du mobilier vétuste au sol crasseux des classes en passant par les sanitaires qui dégagent des odeurs nauséabondes à cause du manque d’eau dans les robinets. Ainsi, la grève observée par les lycéens d’Adekar au courant de ce semestre ne fait vraisemblablement que confirmer un ras-le-bol qui atteint son paroxysme, étant donné que cela est sans précédent pour les écoliers de provoquer une quelconque contestation en dehors des murs de l’établissement, d’autant plus, porter la population locale à témoin, en bloquant la RN 12 durant toute une journée.

Il faut noter que, si des contraintes financières sont souvent avancées par le chef de l’établissement comme raisons objectives, pour ne pas inscrire de projets en faveur de celui-ci, les élèves, eux, semblent ne pas trop s’encombrer de ce genre de considérations et trouvent qu’il y a toujours un moyen de faire quelque chose.

Mohamed Haddad