Depuis le début des compétitions éliminatoires de la CAN et la coupe du monde, il s’est produit une ruée sur le drapeau national, jamais observée depuis l’indépendance, une ruée qui a augmentée d’intensité depuis que les nombreux traquenards tendus à notre équipe nationale ont été dévoilés et portés à la connaissance du grand public.
Depuis, l’emblème national est devenu, en plus de patriotisme synonyme de soutien aux Verts, ne pas brandir un drapeau a pris la forme d’une trahison envers l’équipe et la nation.
C’est ainsi que tout au long des compétitions de la CAN, des scènes insolites se sont produites et dont les acteurs sont les citoyens toutes catégories confondues, qui n’ont reculé devant rien pour l’acquisition ou l’exhibition d’un drapeau dont quelques-uns aux prix de risques insensés.
Nous relaterons un exemple enfant de 3 ans a lâché la main de son père pour foncer droit sur un fanion se trouvant sur le trottoir opposé.
L’enfant a été retiré fort heureusement indemne sous les roues d’un véhicule léger qui n’a pas pu l’éviter.
Il a eu droit tout de suite à un grand drapeau que lui ont offert un groupe de supporters qui ont assisté à la scène, croyez-moi que la joie de ce supporter en herbe, en recevant ce grand drapeau, toujours à Saharidj à la veille de la rencontre de l’Algérie Egypte au Caire, des jeunes affolés de ne pas avoir trouvé de drapeau sont, en désespoir de cause entrés par effractions dans quelques établissements étatiques pour récupérer des drapeaux sans toucher à rien d’autre. Sur la RN 5 entre M’chedallah et Ahnif, le conducteur du véhicule de tête d’un convoi des services de sécurité a failli provoquer un carambolage en freinant sec pour éviter de rouler sur un drapeau, échappé des mains d’un supporter qui se trouvait dans un véhicule civil qui précédait le convoi.
Du côté d’Assif Assemadh, ce sont deux adolescents qui se sont exposés à un danger de mort en grimpant sur deux pilônes de haute tension pour étaler en travers de la RN 98 un grand drapeau et le mettre hors de portée des poids lourds, ils se sont dangereusement approchés des fils sans tenir compte des cris de frayeur des adultes.
Ils ne sont redescendus qu’après avoir accompli leur périlleuse mission en embellissant leur bourgade isolée de l’emblème national.
D’autres scènes qui se sont banalisées au fil du temps, sont des échauffourées qui éclatent partout entre jeunes qui s’arrachent des drapeaux.
Si l’opération tant médiatisée de « un drapeau pour chacun » a été menée à terme, on aurait pu assister à tant d’acrobaties et de risques pour l’acquisition d’un drapeau.
Oulaid Soualah
