Des potagers sur les espaces verts

Les gens qui n’arrêtent pas de dire que les algériens ne sont que des œsophages tout juste bon à ingurgiter, ne croiront pas leurs yeux si nous le emmenons pour constater tous les travaux agricoles réalisés dans la cité Nasser Bey Rabah de Aomar.

Pourtant, personne ne les a forcés à mettre en valeur, puis à cultiver ces terres trop longtemps laissées en jachère surplombant leurs HLM, lesquels sont au nombre de 8, quatre de chaque côté de la route.

Certes, il arrive que nous rencontrons ici, et là, à Aomar des morceaux de terre pris en charge par des occupants de cités, mais là à la cité appelée communément CNEP il s’agit presque de tout le monde qui met la main a la « tchapa », et qui s’adonne au travail du sol, ce qui fait dire à un professeur du lycée Aomar « cet intérêt subit à l’agriculture me fait rappeler le fameux slogan « la terre à celui qui la travaille ».

Evidement qu’il voit ce retour à l’activité de la terre, ou plus exactement à l’occupation des espaces verts, comme un signe révélateur de la forte baisse du pouvoir d’achat régressant chaque jour un peu plus, et contraignant, selon lui « le ménages à se débrouiller d’autres ressources pour joindre les deux bouts » quelle impressionnante opération de plantation que celle qui est entrain de s’entreprendre à Hay Nasser Bey de Aomar, où pas mois de 30 lopins ont été cultivés derrière chaque rangée des 4 blocs, soit environ 60 jardins.

Toujours en même lieu et place, d’autres, les retardataires qui n’étaient pas chauds au départ pour se convertir à cette rude besogne, mais qui ont vite changé d’avis de peur de connaître une année à blanc », sont en voie d’achever le binage nécessaire, seulement dit le Cheikh « ceux là n’ont aucune chance de semer la fève comme tous les autres qu’on à dénombré à 60 à peu près ».

En effet, on dirait que les résidants de Nasser Bey Rabah se sont passés le mot pour mettre tous en même temps sous terre la graine de fève, pas un seul n’a opté pour une autre semence, un choix, explique t-il « qui s’est imposé du fait du prix de 130 DA /kg de semence de la légumineuse ».

En temps de vaches maigres, même dans les pays avancés tels l’Italie, les populations paysannes ont été orientées sur le système – banquette pour compenser le peu de terres fertiles dont elle dispose, ne sommes-nous pas en train d’exploiter des terres accidentées comme c’est le cas à Aomar pour répondre à un besoin alimentaire ?

A. Chérif