« Si on nous souffle le prix, vous penseriez que vous êtes à des centaines de kilomètres loin de la mer, que nous ne sommes pas sur la rive de la méditerranée mais la vérité est toute autre car nous sommes juste à une centaine de mètres des écumes de la grande bleu ». Ce sont les dires de M. S. G. Samia qui s’approche du vendeur qui pousse des cris afin d’attirer l’attention des passants qui se désintéressent de plus en plus puisque ce don de la mer qui de coutume, à un prix raisonnable était à la portée de la couche défavorisée de la société par la place qu’il occupait dans la liste des menus car on le nomme le plat des pauvres. Ce don était toujours au profit de ceux qui ne pouvaient pas acheter les poissons chers comme le rouget, le merlan ou la dorade durant plus de deux mois, maintenant son prix dépasse la barre de 200 DA voir même des prix allant jusqu’à 270 Da ou plus. Approché pour nos soins, le vendeur nous déclare : « Hier sur le quai du port la caisse a été cédée à 4 000 Da ce qui fait que le prix varie entre 200 DA et 210 DA le kilo et nous nous achetons la marchandise en deuxième main ce qui fait que notre marge bénéficiaire est comptabilisée et fixée par les mandataires qui deviennent de plus en plus nombreux et exagérants », il nous ajoute : « Avec trois chalutiers uniquement qui exercent ce métier de sardinier et à voir le grand nombre de mandataires les prix sont directement revus à la hausse puisque la demande dépasse l’offre. «
Dans l’état où se trouve le marché réservé pour la vente de ce don de la mer qui devient de plus en plus rare et cher, le lieu est déserté par la grande affluence habituelle, en attendant des jours meilleurs qui réanimeront certainement le marché les clients souhaitent une baisse de cette protéine qui garnira de nouveau les assiettes de la table.
Sahnoune Karim
