“Nous nous occupons d’économie et non de politique. Ce projet est important pour l’industrie minière en Algérie”, souligne en outre Greg Cochran, qui a rencontré la presse à Béjaïa, au siège de la WMZ. Il fait savoir que la première phase portant “étude de faisabilité” a été achevée dernièrement. Il s’agit d’un document de plus de 2000 pages qui a été remis hier par le directeur général de Terramin au P-DG de Western Mediterranean Zinc, J.-P. Wilhelmy en attendant d’atterrir prochainement sur les bureaux des services centraux du ministre de l’Energie et des Mines pour l’obtention d’un permis d’exploitation. Cette phase d’exploration, a-t-il rappelé, a coûté à la société quelque 30 millions de dollars. Le conférencier a assuré également que son entreprise a réalisé d’autres études de sécurité et d’impact sur l’environnement. “Nous présenterons le rapport prochainement. WMZ va publier une étude qui sera mise à la disposition des pouvoirs publics, notamment le ministère de l’Environnement et du grand public. Cette étude mettra en évidence que la mine sera exploitée dans le respect des normes de santé, de sécurité et d’environnement les plus strictes”, a-t-il dit, tout en soutenant que Terramin dispose de fonds nécessaires pour assurer tous les risques. “Notre compagnie a augmenté son capital de 100 millions de dollars australien et nous sommes à la recherche de nouveaux actionnaires”, a-t-il expliqué, en précisant que l’entreprise a levé fin novembre pas moins de 15 millions de dollars en une journée. Dans le même ordre d’idées, il a indiqué que le projet sera financé par des emprunts et les fonds propres de la compagnie. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, une société chinoise détient 10% du capital de Terramin. Selon l’intervenant, le gisement de plomb et de zinc d’Amizour entrera en phase de production en 2013. Durant les cinq prochaines années, il est prévu, a-t-il ajouté, la création de pas moins de 400 postes d’emploi permanents et entre 1500 et 2000 emplois indirects. Les estimations des ressources du gisement de Tala Hamza sont estimées à près de 69 millions de tonnes par Terramin dépassant de loin les premières estimations qui étaient au départ de l’ordre de 30 millions de tonnes seulement.
Le président de l’APW de Béjaïa avait, le 1er février courant, écrit à Ouyahia pour dénoncer le “bradage à ciel ouvert” du gisement d’Amizour (voir La Dépêche de Kabylie du 3 février).
Hamid Ferhat qui décrit Terramin comme “un des plus grands inconnus dans l’industrie minière” doute fortement de la capacité de ce partenaire australien à s’occuper d’un gisement aussi important que celui d’Amizour que ce soit d’un point de vue financier, environnemental ou encore industriel.
La joint-venture Western Mediterranean Zinc, détenue à 65% par la compagnie australienne Terramin, 32,5% par ENOF et 2,5% par ORGM, faut-il le rappeler, a obtenu la licence d’exploitation en 2006. Le gisement de plomb et de zinc d’Amizour, estime Greg Cochran, est l’un des plus “importants et prometteurs” au monde. Une fois les travaux de développement accomplis, pronostique-t-il, la mine produira dans un premier temps, 125 000 tonnes de concentré de zinc et de plomb par an, qui sera acheminé, entre autres, vers la raffinerie de Ghazaouet.
Dalil Saïche
