Tizi Larbaâ, perchée à 850 m d’altitude et ne disposant que de peu de ressources, rêve surtout de projets d’investissements afin de mettre en valeur ses attraits touristiques. Une priorité qui s’impose d’elle-même, d’ailleurs, ne dit-on pas « lorsque le ventre est plein, la tête se met à chanter », une expression qui se vérifie de nouveau à Tizi Larbaâ. Ces montagnards n’ont-ils pas bien accueilli l’implantation d’une huilerie moderne sur ces hauteurs, leur épargnant du coup, les frais de déplacement des récoltes, et une possibilité d’embauche de quelques sans emplois ?
A Tizi Larbaâ, on n’affiche pas un « complexe d’infériorité » devant un recruteur qui vient proposer un job quelque soit sa nature, à condition qu’il soit légal. Lors des travaux d’élargissement du tronçon de la RN 25 reliant Aomar avec cette localité frontalière avec Tizi Ouzou, la main-d’œuvre locale a offert ses services ainsi que son matériel pour l’évacuation des glissements de terrains du flanc de montagne. Concernant cette dure besogne justement, on raconte, à Tizi Larbaâ que si on l’avait proposée ailleurs, on l’aurait refusée à coup sûr, du fait selon eux, des misérables 100 DA le voyage qu’on aurait appliqué comme rémunération. Seulement, ironie du sort, ce travail qu’on offrait, à ce moment là, est de l’exploitation pure et simple, car sous payé mais il est une source de revenus pour certains ménages notamment au lieudit Beni Mellil. Cet ilôt de maisons, expose ces jours-ci, en bordure du pan de la RN 25, une multitude de dépôts de pierres, de bonne qualité récupérées parfois du fond du ravin, mais aussi du flanc de montagne, lors de l’opération de décapage. Un matériau qui tombe à pic en ces moments de relance du secteur du bâtiment, et des projets de renforcement des routes par des réalisations en gabions. Mais ces petits « dépannages » ne bouchent aucun trou du budget familial nécessaire pour tenir jusqu’aux fins de mois. Alors, on prend place au carrefour donnant vers plusieurs destinations, et on présente, tantôt des figues sèches puisées dans le stock qu’on sollicite qu’en cas de force majeure, et tantôt quelques litres d’huile d’olive qu’on sacrifie pour se mettre à l’abri quelques jours.
A. Chérif
