Le nul arraché avant-hier par l’EN face aux Anglais a suscité une grande satisfaction dans la capitale du Djurdjura. Au-delà du résultat, c’est surtout la prestation des camarades de Hassan Yebda qui a soulevé l’admiration chez le grand public.
Les Tizi-Ouzeen regrettent, c’est ce qui revenait dans les discussions d’hier, le mauvais résultat concédé par les Verts contre les Slovènes. On pense ici que l’équipe nationale aurait pu prétendre à un meilleur score si, et seulement si, le sélectionneur national avait pris le même chemin d’avant-hier contre l’Angleterre à savoir se débarrasser de la politique du social, jouer à fond ses chances en faisant appel à des joueurs de métier. C’est l’avis de Karim, étudiant en sciences politiques à l’université de Tizi-Ouzou. “Saâdane a eu la preuve avant-hier que ce n’est guère les joueurs qui manquent en équipe nationale. Quand il a pu faire jouer ceux qui méritent de figurer parmi le onze rentrant, le rendement a été bien meilleur que la piètre prestation contre la Slovénie. Je ne comprends pas sa stratégie. Y a-t-il des pressions internes pour faire jouer des joueurs trentenaire ?», indiquera notre jeune étudiant. Ce dernier nous dira qu’il a préféré passer le week-end à la résidence universitaire de Oued Aïssi pour justement y regarder match. “L’ambiance n’est pas du tout la même !», ajoutera-t-il. Vu la défaite des leurs en premier match. Du coup, les tricots, les casquettes et les brassards aux couleurs nationales ne sont plus étalés sur les vitrines, les balcons et les places publiques de la même manière du moins à Tizi-Ouzou et ses environs. C’est dire que beaucoup ne donnaient pas cher de la peau des Verts de leurs chances de passer au prochain tour. Certains supporters pourtant chauvins ont fini par abandonner leur chauvinisme à l’image de Madjid, sexagénaire, originaire du village Aït Abdelmoumène qui ne cessait de rappeler : “Nous avons aucune chance de battre les Anglais. C’est sur leur terre que le football est né. Ils ne feront donc qu’une bouchée de nos joueurs. Il ne faut pas rêver, c’est bien de voir loin mais parfois, il faut également garder les pieds sur terre.” Un autre jeune supporter qui ne cachait pas son appréhension à quelques minutes du début de la rencontre dira : “En foot tout est possible. Regardez comment les Serbes ont pu surclasser les puissants Allemands.” A Souk El Tennine, les cafés maures ont été pris d’assaut des heures avant le coup de starter de l’arbitre uzbek, les gens ne pouvaient avoir un autre sujet de discussion. Tous parlent des Verts. Certains affichent un optimisme et disent croire au miracle, partant du défi relevé déjà à Oum Dormane au Soudan, d’autres ne voulant pas anticiper sur le résultat même auront du mal à cacher leur pessimisme. Une tendance qui ne trouvera pas preneurs quelques minutes après le coup d’envoi de la rencontre. Les Algériens étaient bien en jambe et l’entame du match augurait déjà d’un résultat satisfaisant. Au bout, les Verts arracheront un nul au goût d’une victoire au regard de la grande prestation des camarades du jeune Boudebouz, qui inaugure à l’occasion sa carrière internationale par un bon rendement. Les rues de la ville de Tizi-Ouzou s’animeront quelques moments seulement après le coup de sifflé du référé uzbek. La rue a repris à espérer de nouveau une qualification au second tour. Cela passera par une victoire mercredi prochain face au USA. Tizi retient son souffle, croise les doigts et espère une issue positive, pour le parcours des Verts au Mondial sud-africain.
A. Z. / H. T.
