Béjaïa : Saison estivale tronquée

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La saison estivale est mal entamée cette année. D’abord, il y a l’été qui n’arrive pas même à la dernière semaine de juin. S’il fait toujours froid en étant habillé et sous un toit, on se demande comment les gens pourront se dénuder au bord de la mer où l’eau est encore glaciale. Le deuxième obstacle, qui empêche les familles de prendre d’assaut les plages est assurément le déroulement de la coupe du monde de football qui a débuté le 11 juin, et se terminera le 11 juillet. Entre ces deux dates, la fréquentation des plages est quelque peu compromise vu que la plupart des Algériens préfèrent suivre une rencontre de football, surtout s’il s’agit de l’équipe nationale, ou même d’une équipe africaine, que de grelotter au bord de l’eau. L’autre phénomène qui retarde le rush des vacanciers dans les plages pourrait s’expliquer par l’attente des résultats du bac. En effet, d’habitude, tant que ces résultats ne sont communiqués, les jeunes sont préoccupés pour apprécier les plaisirs de l’eau.

D’ici le 11 juillet, le vainqueur de la Coupe du monde sera connu, les candidats admis au bac auront fini les formalités d’inscription à l’université et des familles entières pourraient se déplacer à la plage et jouir des plaisirs de l’eau.

Mais, est-ce que la mer est si gratuite et si facile que cela, quand on sait que si l’on ne dispose pas de véhicule propre, la mer qui si proche, du moins pour les familles de la ville de Béjaïa, reste difficilement accessible à cause du manque de moyens de transport.

Aller à la plage en famille, c’est procéder à un petit déménagement, ou qu’en plus de la nourriture pour toute la famille, il faut prendre avec soi un minimum d’accessoires tels que le parasol, pour s’assurer quelques commodités. Reste la formule de la location mais là des familles n’osent même pas y penser. En effet, l’hôtel est toujours archi- comble et hors de portée des familles aux revenus moyens, les accessoires de plages ne sont pas donnés non plus.

A Béjaïa, ville du littoral, c’est presque pas toujours bien séant de parler de plage quand, selon certains, plus de 80% des familles ne se sentent même pas concernées. Pour ces familles, la saison estivale est souvent synonyme d’encombrement de la ville et de prix excessives des fruits et légumes. Ceux qui remplissent les plages de Béjaïa ne sont autres que les nantis, des wilayas limitrophes qui ont les moyens de louer les hôtels. Cette année, c’est au moment où la saison estivale battra son plein que le Ramadan viendra tout chambouler. En effet, comme ll n’est pas très commode de passer toute une journée le ventre au bord de l’eau, de préparer le repas sur du sable et le soir venu, de rompre le jeûne sans un minimum de confort, les familles des camps de toile ne manqueront sans doute pas de décamper au premier jour du Ramadan. Autant dire que cette année, la saison estivale est bien troquée.

B. Mouhoub

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