“Potentiel et opportunités d’investissement à Béjaïa”. C’est le thème générique d’une journée d’étude et d’information que l’Agence nationale de développement et de l’investissement (ANDI) s’apprête à organiser le 30 du mois en cours à la Maison de la culture Taos-Amrouche.
Il sera question, à la faveur de cet événement, indique l’ANDI de Béjaïa dans un communiqué “d’identifier les opportunités d’investissement dans cette région très riche. ” Encore mieux, l’on affiche même un optimisme béant en prétendant pouvoir “inciter les hommes d’affaires potentiels à y participer en valorisant ces richesses par la création d’activités en harmonie avec les stratégies de développement nationales et locales”.
Les plan quinquennal 2010/2014 sera également abordé par le DPAT de Béjaïa au cours de cette journée. Il s’agit, sur cet article, d’une énième touche visant principalement la vulgarisation d’un programme décidé dernièrement par les pouvoirs publics. Le même conférencier présentera aussi, peut être, dans le détail les capacités de la wilaya, notamment dans les secteurs de l’agriculture, tourisme, pêche et aquaculture et l’industrie des mines. Des secteurs qui battent de l’aile dont le dénominateur commun reste l’inefficience.
Le secteur de l’industrie et des mines par exemple, traîne ces dernières années le pesant boulet des contestations citoyennes ayant eu des incidences sur d’autres secteurs notamment celui des travaux publics. Au moins cinq opérateurs économiques de la région ont été ainsi forcés par des citoyens à arrêter l’exploitation de carrières d’agrégats après avoir investi des milliards.
Et pourtant, ceux-là détenaient des permis d’exploitation en bonne et due forme ! Passons outre, le feuilleton de la concession de la mine d’Amizour au profit des Australiens. 65% en défaveur de l’Algérie ! Tourisme ? La destination Béjaïa n’est plus prisée comme avant en raison d’une foultitude de problèmes : des conditions d’accueil en deçà des espérances des estivants, une infrastructure hôtelière, à quelques exceptions près, ne répondant pas aux normes, insalubrité des plages squattées par des individus de tous acabits… En ce qui concerne le secteur de l’agriculture, les quelques parcelles cultivées sont ravagées par des sangliers et d’autres englouties par le béton. La situation du secteur n’est guère enviable autant que celle dans laquelle se débat le secteur des travaux publics.
A titre illustratif, une grève illimitée risque d’être enclenchée à l’EPBTP de Béjaïa. Une contestation, met-on en garde, qui risque des débordements inespérés. Il en est de même des autres secteurs. Une situation économique, pour résumer, catastrophique. Elle vaut par ailleurs le constat : bradage des entreprises publiques, des zones d’activités non inviabilisées, des partenariats en défaveur des intérêts nationaux, des opérateurs économiques contraints sous diverses formes de mettre la clé sous le paillasson, des entreprises publiques de production faisant face à des mouvements cycliques de protestation. Telle est en clair la situation depuis la nuit de temps. Ce n’est pas, pour dire vrai, les discours lénifiants des officiels et autres responsables de l’Andi et non plus les conférences des universitaires, qui donneront un coup de starter à une économie locale en perte constante de vitesse, autrement dit, en panne. Mille pas en arrière, un autre… en arrière ! De multiples contraintes freinent toute forme de dynamique. Une situation qui sera, du reste, mise sous les projecteurs à la même occasion par des opérateurs économiques de la région dont, entre autres, Cevital, Ifri, ETFHB et Hôtel Chréa.
D. S.
