“Semaoun est un village situé derrière l’Algérie!”. C’est avec cette boutade sonore qu’un membre du comité de ce village est venu nous approcher, muni d’une longue lettre adressée au wali de Béjaïa, laquelle s’illustre par une longue brochette de sollicitations portées solennellement à la connaissance du premier responsable de la wilaya parmi lesquelles celles relatives aux domaines social et culturel notamment. Ainsi, après avoir exposé la situation pitoyable qu’endure amèrement les habitants, le comité a énuméré maintes doléances où l’on peut lire en substance ; le projet d’aménagement de la piste d’Iguer Mokrane, entamé écrit-on, sans avoir prévu au préalable tous les ouvrages nécessaires et sans fossés bétonnés. Ensuite, l’eau encore et toujours reste un point crucial ; le comité se plaint du réseau AEP, cite-t-on, qui est désormais à l’abandon après la réalisation de quelques tranches. L’éclairage public n’est pas en reste, le comité du village a relevé que plusieurs tronçons demeurent dans le noir, été comme hiver, en outre, certains quartiers sont oubliés par le réseau d’assainissment depuis belle lurette, funeste constat qui poussent “les eaux usées à se déverser dans la nature», au moment même où la décharge publique se déverse parterre à cause d’insuffisance de bacs à ordures mis defacto à la portée des bêtes nocturnes. Plus loin, il a été porté à la connaissance du wali, la fermeture du centre de soins depuis plusieurs mois, et malgré les requêtes incessantes, insiste durement le comité aucune réfection n’a été entreprise.
Convaincu de l’équité du wali, le comité continue en exposant le problème du chemin communal allant de Chemini jusqu’à Akfadou, avec une bretelle vers Bouzeguène via Semaoun, tronçon impraticable, sans issue, un bémol majeur, qui laisse la localité dans un cul-de-sac inextricable auquel s’ajoute le glissement de terrain dangereux survenu pendant l’hiver non loin du cimetière et qui, au demeurant, relève-t-on encore, coupe le village du reste du monde. Le comité du village sollicite également le wali dans l’espoir de lui venir par une précieuse aide afin de réhabiliter les fontaines publiques, et une enveloppe pour construire une stèle à la mémoire de la trentaine de chouhada du village martyr, élevé au rang de “zone interdite», durant la guerre de Libération.
Aussi, le manque de transport, la construction d’une mosquée et d’un foyer de jeunes et le bétonage des ruelles internes du village sont des points majeures qui, de l’avis du comité sont de nature à donner un cadre de vie décent aux habitants. Ceci dit, rappelle un responsable du comité le village a longtemps subi le mépris sidérant des P/APC, qui se sont succédés à la tête de la commune. “Lors des eléctions, ils nous approchent avec des propos laudateurs, la brosse à reluire en pleine bouche. Puis, c’est l’oubli dès que la messe est dite. ” Un autre membre du comité soulève l’exemple du panneau de direction dont bénéficie tous les villages de la commune sauf Semaoun. “Un panneau a été implanté mais des énergumènes l’ont arraché en pleine nuit. Depuis, notre P/APC n’a pas daigné le réimplanter malgré ses promesses. Suite à cette injustice, on se demande si l’autorité de l’Etat est foulée aux pieds à Chemini ?”
T. D.
