Béjaïa : Tichy, l’enchanteresse

Nimbée de lumières irréelles, riche de ses hôtels et restaurants, de ses plages et criques, Tichy attire irrésistiblement en ce début du mois de juillet par sa beauté naturelle, son climat et son hospitalité. Tout cela fait que les Kabyles en particulier pour sa proximité et les estivants des autres régions du pays pour son aura font de Tichy leur destination privilégiée.

Ils découvrent la magie d’une station balnéaire où il fait agréablement bon vivre en été grâce à ses habitants qui ont l’art et la manière d’accueillir leurs hôtes avec des visages souriants. Nous y voilà nous aussi, emportés par ce désir fou de fouler le sable brûlant tichytois à la recherche d’une tranquillité et d’une vie paisible le temps d’une journée qu’on y trouve rarement ailleurs. On a choisi un jour de semaine, soit le mercredi passé.

Le calme plane sur une ville qui grouillait d’estivants à pareille époque. Ce qui est loin d’être le cas cette année. Les rushs d’estivants qui bondirent la ville autrefois n’étaient pas au rendez-vous cette année. Notre avis est contrarié par un boulanger qui garde encore grand espoir de voir les ruelles de la ville rayonnaient de touristes et il nous invita pour cela à revenir le week-end où la ville vit une effervescence avec des essaims de vacanciers venant de partout, dit-il. Quoique l’on dise, Tichy n’a nullement besoin de publicité son nom est déjà retentissant. Elle est connue comme étant l’une des stations balnéaires de Bgayet qui fait rêver en dévoilant avec brio une montagne à la végétation drue et aux arbres rabougris et qui se dresse comme une haute muraille surplombant une ville et des plages luxuriantes. Paysage multiples et merveilleux, ville touristique par excellence, Tichy est présentée aujourd’hui comme le berceau du renouveau qui a su préserver tout un passé flamboyant. Elle affiche un immense pouvoir de séduction. Pour tous ces atouts, ceux qui l’ont visitée l’ont qualifiée d’une splendide station balnéaire magnifiée par ses plages au sable fin, ses ruelles aux commerces de produits estivaux et ses veillées nocturnes tardives. La plupart d’entre eux ne s’empêchent pas d’y retourner baigner dans cet univers de douceur tant qu’ils gardent en elle de beaux souvenirs, une réelle admiration et une conviction qu’elle est généreusement dotée par la nature qui lui a façonné pour autant des paysages enchanteurs les plus prestigieux. La majestueuse forteresse inexpugnable s’accroche avec enthousiasme au flanc escarpé de la montagne et baigne amoureusement les pieds dans les rivages colorés de parasols de ses plages splendides. En d’autres termes Tichy est à la fois un chef-lieu de daïra et de commune habitée par environ 17 000 âmes, nous dit-on. Elle est éloignée seulement de 13 kilomètres de la capitale des Hammadites ce qui facilite le transport grâce à une desserte assurée par de nombreux fourgons et cars. Pour une ville touristique, son territoire large de 56, 66 kilomètres carrés permet aussi des randonnées pédestres aux amoureux de la nature à la découverte de paysages sylvestres et des villages disséminés sur les flancs de la montagne. La ville est séparée en deux par la RN09 qui la traverse sur toute la longueur de bout en bout comme les nervures d’une feuille, distribuant des ruelles à droite et à gauche. Le plus surprenant c’est l’originalité de cette ville où on remarque aisément que le luxe d’hier côtoie dans une parfaite harmonie le chic d’aujourd’hui, avec bien entendu le centre-ville qui abrite encore des maisonnettes imbriquées l’une sur l’autre, lesquelles séduisent à coup sûr avec leur charme inaltérable ; le flanc de la montagne quant à lui est orné par des maisons pavillonnaires éparses nouvellement construites et assorties de jardins fleuris, tandis que les extrémités sont bordés par des hôtels et restaurants haut de gamme. A un kilomètre de la ville en allant vers Aokas, beaucoup de constructions sont érigées. A gauche, un petit ruisseau sépare des serres agricoles le fameux village touristique le Baccaro qui nargue les visiteurs avec ses bungalows séparant la plage de la grande route. A droite, une imposante cité urbaine composée de bâtiments ne cesse de prendre de l’ampleur. Dressée au pied d’une montagne dont les cimes sont enveloppées d’un nuage cotonneux ressemblant a un burnous blanc, fierté des Kabyles. Dans le souci de mettre un terme aux interminables bouchons qui se forment en ville rendant la circulation automobile infernale, cette route est élargie d’un double sens. Et quel plaisir de traverser la ville en 5 minutes!!!

Tichy qui se dore au soleil de l’été se pare de ses plus beaux atours pour enchanter comme il se doit ses nombreux touristes qui la fréquentent pour des villégiatures. Ses 5 kilomètres de côtes dotés de criques féeriques et de 5 plages à l’eau douce autorisées à la baignade captivent jalousement des milliers d’estivants. Le village touristique Capritour captive le regard avec ses centaines de bungalows aux couleurs bigarrées. Son charme légendaire invite à une randonnée à l’intérieur et c’est une caverne d’Ali baba que nous découvrons avec les superettes qui bondent de produits de tout genre, des restaurants aux repas culinaires du terroir. On sentait de loin les senteurs appétissantes des grillades, les fraîcheurs des crèmes glacées des boutiques alignées à la lisière d’une étendue plage surveillée et propre. Une esplanade où se donnent rendez-vous chaque soir les locataires qui veillent sous des chants mélodieux qui font vibrer les hanches. Continuant notre visite, à 200 mètres le mythique et légendaire Hôtel les Hammadites n’a plus sa côte d’Antan car toujours ancré dans les mauvaises habitudes propres au secteur étatique à l’image de cette interdiction de pénétrer à l’intérieur avec la voiture si on n’est pas locataire. Parking réservé aux seuls locataires, nous informe-t-on. Tant pis pour lui, s’il est relégué par les cinq ou six hôtels privés qui assurent un service impeccable à la mesure de l’attente des clientèles.

Un autre atout non négligeable. Aujourd’hui Tichy a bel et bien redoré le blason d’une ville réservée aux seules gents de bonnes mœurs. Le mérite revient à ses enfants qui se sont soulevés comme un seul homme pour la débarrasser du fléau de la prostitution qui l’a gangrénée auparavant et qui faisait fuir les familles. En visitant les plages, on a vite compris pourquoi il y avait moins de monde ce jour-là.

Le drapeau rouge prévoyant une baignade dangereuse et interdite a dissuadé les amoureux de la mer. Mais certains férus étaient là se contentant à rester sous la tente à l’abri du soleil, à regarder au loin l’horizon de la grande bleue, sentir les embruns de son eau salée ou entendre les clapotements des vagues qui s’écrasent sur des rochers.

C’est d’ailleurs la raison qui fait que beaucoup d’estivants préfèrent le chalandage en ville pour le plaisir d’acheter ou simplement regarder les beaux et attrayants produits de poterie, les couffins en osier étalés sur les sols et les articles de plage exposés en guirlandes.

Un fait saillant, le manège de voitures tamponneuses pour enfants n’est pas en service cette année. Le mariage de la mer et de la montagne a naturellement donné naissance à un coin paradisiaque qui ne cesse de subjuguer. Le soir, il offre le calme et la douceur, et le matin, il s’éveille sous l’ombre de la montagne, les caresses du soleil brûlant de l’été et les effleurements de la mer.

L. Beddar