Pour la création d’un musée et d’un marché M. Meziani, âgé de 43 ans, père de 3 enfants et enseignant en éducation artistique de son état, a bien voulu répondre à nos questions en dépit de son calendrier chargé puisque c’est à lui qu’incombe la dure tâche de responsable n°1 du festival.
La Dépêche de Kabylie. Qu’est-ce que cela vous fait d’être le 1er commissaire du 1er Festival de la poterie de Maâtkas ?
M. Meziani : En fait, c’est un immense honneur pour moi et et pour tout le mouvement associatif de Maâtkas dont je suis issu (Association Isegmi). En second lieu, mes remerciements vont au directeur de la culture Ould Ali El Hadi, le wali de Tizi-Ouzou et Mme la ministre de la Culture pour la confiance qu’ils ont placée en moi. Mes amis du mouvement associatif, les élus et particulièrement les deux A/APC (MM. Klalèche et Zallouk) sont à remercier pour leur soutien et leur mobilisation.
La Fête nationale de la Poterie a été institutionnalisée et érigée en festival local récemment. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
Ecoutez, la mobilisation et le travail finissent toujours par payer. Nous avons avec l’ensemble des acteurs du mouvement associatif et culturel organisé 11 éditions de la Fête nationale, la tâche était ardue et les organisateurs peinaient à trouver les financements nécessaires, maintenant qu’elle est érigée en festival et institutionnalisée, les tracas financiers sont derrières et la prise en charge du festival est assurée.
Parlez-nous de la participation et de l’organisation ainsi que des différentes activités que vous avez prévues pendant cette semaine ?
Pour la participation, elle est massive puisqu’au moins 130 artisans venus d’une dizaine de wilayas (Boumerdès, Alger, Tamanrasset, Adrar, Bouira…) sont présents. La poterie, les bijoux, la robe kabyle et tous les objets traditionnels sont représentés. Des conférences scientifiques, des galas artistiques et des soirées poétiques sont prévues dans le site principal et dans les villages hôtes (Ikharvan et Agouni Bouffal). Pour ce qui est de l’organisation, nous avons créé des commissions et chacune d’entre elles se charge d’un volet. A chaque fin de journée, nous tenons un briefing pour évaluer la journée et préparer la suivante avec professionnalisme.
Puisque vous avez autant d’invités, comment vous vous êtes organisés pour recevoir, héberger et nourrir tout ce beau monde ?
En ce qui concerne l’hébergement et la restauration, nous avons soigneusement tout préparé et vous pouvez le vérifier chez nos hôtes et vous arriverez à la même conclusion. Nos invités ont tout ce qui leur faut. Nous n’avons jusqu’à présent reçu aucune plainte. Tout le monde est satisfait. Toujours est-il que vous pouvez les questionner, nous n’avons rien contre la transparence ; bien au contraire. Faites un tour du côté des dortoirs, du restaurant et des salles d’eau et vous verrez.
Revenons en aux objectifs du festival…
Nos objectifs sont divers et nombreux. La promotion du travail de l’argile et la défense de la profession des artisans potiers par la création d’une maison de poterie et un marché de poterie seront les garants de la pérennisation et de la préservation de cet art ancestral. Nous voulons également stimuler les jeunes à reprendre le flambeau et pour cela nous allons essayer de faire des démarches auprès des concernés pour introduire la poterie dans le secteur de la formation professionnelle. Pour ce faire, un énorme travail nous attend et c’est justement pour cela que je lance un appel à la mobilisation, à la sagesse et à l’union de toutes les parties concernées.
Nous vous laissons le soin de conclure…
J’appelle les Maâtkis et les acteurs du mouvement associatif (culturel, scientifique, artistique…) à s’unir et se donner à fond -sans calcul mesquin et politicien- pour faire de notre région un havre de paix, d’art et de tourisme. C’est là le grand hommage que nous pourrons et devons rendre à ceux et celles qui nous ont transmis ce trésor, nos mères potières. Faisons d’une pierre plusieurs coups et faisons de ce festival un événement festif de sept jours et de sept nuits.
Entretien réalisé par C. Hocine
