Un nouveau look pour la ville

Servie par une nature généreuse pleine de potentialités et une route-le CW 127 desservant l’ensemble du sud-est algérien, cette agglomération de quelque 12. 000 habitants est érigée au rang de chef-lieu de daira lors du découpage administratif opéré par le gouvernement Ahmed Ghozali lors des élections législatives avouées de 1991. Elle chapeaute deux commune : El Hachimia et Oued El Berdi. Le territoire de cette daira est situé à la limite exacte de la kabylophonie ayant pour communes limitophes El Esnam et Bouira. Historiquement, le site actuel de la ville avait pour nom Oued Boukhelkal, et cela par référence au cours d’eau du même nom provenant du mont Aïn Hazem et traversant l’ancienne bourgade. Cette dernière appartenait au grand aârch de Oued El Berdj avec ses fractions que sont Laounés et Béni Amar. Au temps de la colonisation, les Français lui donnèrent le nom de la Baraque, toponyme tiré d’un baraquement-faisant partie d’une ferme-implantée à 3 km de la route de Bouira et appartenant à la famille Ould Hocine originaire des Ouacif. La Baraque relevait alors de la commune mixte de Aïn Bessem. Ce n’est qu’en 1961 que l’ancien Oued Boukhalkhal accédera au rang de commune. Le nom d’El Hachimia, du nom d’un martyr de la région, Si El Hachmi, lui sera donné au lendemain de l’indépendance. Terre de plaines céraliéres faisant partie du grand plateau d’El Esnam et du couloir appelé anciennement Hamza (qui va des Aribs jusqu’à Oued Zaïane), El Hachimia est aussi connue pour ses terres forestières, pinèdes constituant les premiers contreforts du massif des Bibans. Du temps de la colonisation et au lendemain de l’indépendance, la production céréalière de la région avait fait d’elle un grenier incontestable et une contrée synonyme d’opulence. Depuis lors, et au cours de la décennie 1980 et 1990, la ville et les bourgades qui lui sont attenantes semblent dormir sur leurs lauriers à tel point que beaucoup de potentialités naturelles et de possibilités avérées de développement furent laissées en friche. La ville elle-même demeure presque à l’état primaire bien qu’elle soit un passages obligé vers la station thermale de Hammam Ksenna qui, à l’époque, attirait des visiteurs à des centaines de kilomètres de rayon. Etant positionnée à égales distance de Sour El Ghozlane, Aïn Bessem et Bouira, elle semble, de ce fait étouffée par l’envergure de ces trois agglomérations. De simples services de la vie quotidienne sont recherchés ailleurs (photographe), auto-école, médecin, pharmacien… ). Le coup de grâce lui viendra de l’activité subversives qui à partir de 1994 fera entrer l’ancienne Baraque aménagée et des appartements qui ont vu leur loyer atteindre les cimes de la bourse. Ce remue-ménage, auquel était venue s’ajouter une gestion approximative des affaires de la cité, allait prolonger la ville d’El Hachimia dans les dédales de l’anarchie et de la gabegie qui ont rendu le cadre de vie tout simplement insoutenable. Aucune infrastructure digne de ce nom n’est destinée à la jeunesse se trouvant en majorité dans une explosive situation de chômage. Des dizaines de personnes ont fui la ville pour se retrouver à Alger ou Bouira à la recherche d’un travail mais aussi de sécurité. Le cadre de vie des citoyens d’El Hachimia se dégradait à vue d’œil. Dépotoirs anarchiques qui jonchent tous les coins de la ville, un abattoir communal qui constituait une véritable écharde dans le corps de la cité au vu des désagréments qu’il avait causé aux habitants voisins (sang coulant à même le sol, toisons puantes, chiens et chats tournoyant à longueur de journée autour des abats, pullulation de rats,…), arrêt de tout programme de construction, prolifération de l’habitat précaire,…Et comme un malheur ne vient jamais seul, les inondations de 1994 et 1999 sont venues achever ce qui restait des infrastructures routières et autres espaces viables. Avec le retour progressif de la sécurité à partir de 2000, la ville commença à vivre une forme de réhabilitation graduelle. De nouveaux espaces de construction furent dégagés, à l’image de la cité des 108- Logements implantée à la sortie sud-ouest de la ville. La municipalité a tenu à la résorption de l’habitat précaire dont les résidents ont été transférés dans de nouveaux appartements. Ce qui bouleversera indubitablement la vie des Hachémites est le raccordement au gaz de ville qui, à l’orée de Hauts Plateaux, connaît des hivers fort rigoureux. Dans la foulée des changements que connaît la ville, l’installation du nouveau siège de daira n’est pas des moindres puisqu’il confère à la cité une façade des plus attrayantes. De même, des travaux sont en cours au niveau du site du stade communal, pour le doter de tribunes qui longeront harmonieusement le CW 127 qui mène à Bouira. Cette route départementale vient de connaître des travaux d’aménagement qui contribuent à sa réhabilitation en tant que grand axe de circulation nord-sud. Le réseau d’assainissement a, lui aussi, subi des travaux de réhabilitation. Mais, le déversement des eaux usées dans l’oued Sbiseb, qui se jette à son tour dans le barrage de Tilesdit, sur la Haute Soummam, demeurera une plaie dans ces terrains agricoles de grande fertilité. Les investissements connus au cours de ces dernières années sont ceux, qui touchent le domaine minier, à savoir les carrières d’extraction de gravier, sable et pierres. Cela est explicable par le fort engouement des entrepreneurs pour les matériaux constituant la matière première des travaux de l’autoroute est-ouest, qui touchent la wilaya de Bouira sur 101 kilomètres. L’observateur ne manquera pas de saisir les changements qui ont lieu dans certains services naguère tout bonnement ignorés. Il s’agit par exemple, des nouveaux restaurants, cafés et magasins, qui rivalisent d’ingéniosité en matière de prestation de service. La route départementale du sud est un véritable gisement en la matière. Les voyageurs à destination de Ouargla, Hassi Messaoud, Biskra et Tougourt n’avaient pas, jusqu’à un passé récent, où marquer leur halte pour déjeuner ou dîner. Maintenant, c’est chose possible avec l’implantation de plusieurs établissements de ce genre le long de la route, aux sorties sud et nord de la ville. Il manque cependant l’activité hôtelière qui, jusqu’à l’heure actuelle, n’est pas du tout prise en charge. Le seul espoir en la matière réside dans la relance du projet de la station thermale de Hammam Ksenna, distante de 17 km de la ville d’El Hachimia. A l’ancienne pharmacie étatique se sont ajoutés ces dernières années, deux établissements privés qui couvrent largement les besoins de la population en médicaments. Les citoyens attendent, en revanche, depuis fort longtemps l’installation d’un service des urgences au niveau du dispensaire de la ville. En tout cas, un vent d’innovation semble réellement souffler sur l’ancienne baraque et ce malgré les insuffisances qui ne manquent pas d’être signalées ça et là par les citoyens à l’intention du premier magistrat de la ville et même de la wilaya.

Amar Nait Messaoud