Souk el Tenine : Flambée des prix, encore et toujours !

N’en déplaise à ceux qui ont prétendu que les prix seront stables et abordables durant ce mois sacré de Ramadhan, désormais, le constat est là et il n’y a qu’à effectuer une virée au marché de Souk el Tenine pour s’en rendre compte.

Les prix de tous les produits se sont envolés au grand désarroi des ménagers. Comme à l’accoutumée, les prix reprennent leur ascension à l’approche du mois de carême. Ainsi, les déclarations des responsables concernés quant à l’abordabilité des prix, ne sont finalement qu’un leurre. Les barons de la spéculation ont, une énième fois, déjoué les mécanismes mis en place.

A commencer par la pomme de terre, la tubercule des pauvres qui était vendue, il y a seulement quelques jours à 20 DA, son prix a doublé en un tour de main. Les raisons, personne n’en sait quelque chose. La courgette, un produit incontournable pour la préparation de la soupe du Ramadhan et qui était proposée à 30DA la semaine passée, son prix a triplé.

Là aussi, aucune explication n’est donnée. La tomate et la laitue proposées il y’a quelques jours, à seulement 20DA, avant-hier il n’était pas possible de les acheter sous la barre des 40DA. Le constat est le même pour tous les produits de consommation, les prix sont doublés, voire triplés dans certains cas.

Quant à l’ail, son prix est exorbitant, puisqu’il a atteint 500DA. Le frik tourne autour des 200DA. Le beurre, ce produit prisé pour sa valeur nutritive, n’est accessible qu’à partir de 800DA, un prix astronomique. Les fruits n’ont pas encore connu une accalmie depuis le début de l’été les citoyens ont fini par mettre une croix dessus. Ce n’est pas à l’approche du mois de Ramadhan que les prix vont baisser ; bien au contraire Ramadhan est une occasion que les commerçants ne manqueront pas pour se remplir, les proches. Le raisin est définitivement fixé à 90DA, les pommes et les poires à 80DA. Les bananes à 140DA. Le melon est toujours à 60DA, quant à la pastèque elle ne veut plus descendre de son perchoir fixé à 35DA le kilogramme. Quant à la pasthèque de petit calibre et de moindre qualité il faut débourser entre 50 et 75DA pour s’offrir une unité.

Le lait courant de 25DA est devenu depuis le début du printemps un vrai casse-tête quotidien. L’approvisionnement ne se fait qu’un jour sur deux, les quantités distribuées sont prévues à la baisse. Pour avoir un sachet ou deux, il faut être présent au passage du camion livreur ou être un fidele client.

La demande sur ce produit de large consommation s’accentue pendant ce mois de jeune et la crise deviendra criarde si rien n’est fait. Les longues files et les bousculades réapparaîtront et l’irritabilité connue des citoyens pendant le mois de carême sera à l’origine de rixes et de beaucoup de brouhaha. Le citoyen à faible ou à moyen revenu ne pourra pas l’avoir dans son assiette. Même avec l’importation de grande quantité les prix n’ont pas bougé. Le poulet vidé s’est fait pousser des ailes performantes cette fois : 400 DA le kilo. Un prix jamais atteint auparavent. La viande fraîche locale est maintenue à son prix habituel, c’est-à-dire entre 700 et 1200DA le kilo. La viande congelée importée du Brésil ou de l’Inde n’est proposée qu’à partir de 550DA. La viande fraîche importée n’est pas encore arrivée à Souk El Tenine.

Son prix sera de plus de 800DA nous apprendra un boucher de la localité. La viande de dinde oscille entre 350 et 800DA le kilo. Avec des prix aussi élevés, les chefs de famille auront bien des difficultés à nourrir décemment leurs nombreuses familles. Ce Ramadhan s’annonce particulièrement ardu : chaleur et cherté s’ajouteront aux peines de la soif et de la faim dues au carême.

Hocine Taib