Boukhelifa : Le développement passe par le tourisme

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Boukhelifa est une commune à la fois côtière et montagneuse où vivent 9000 âmes. Issue du découpage administratif de 1984, la détachant de la commune mère de Tichy, d’un territoire de 116 km2 avec un relief essentiellement accidenté elle compte 84 villages dont le quart est abandonné par les populations pour se refugier en ville à la recherche d’une vie décente car l’économie de la région typiquement agricole que dominent l’olivier et le figuier ne nourrit plus son bonhomme.

Hamache Bachir, délégué spécial du littoral, trône derrière un bureau à l’annexe de la mairie de Boukhelifa, est intarissable sur ce qui touche à la vie et à l’économie de la commune. « Nous avons la côte la plus étendue du littoral Est de Bgayet avec 7, 2 kilomètres que composent 6 magnifiques plages autorisées à la baignade et toutes assorties de poste de secours.

La plage de Djebira est à l’état sauvage car enserrée entre la mer et une touffe de roseaux qui délimitent des serres agricoles, lesquelles côtoient un camp de toile familial ombragé par des arbres. Elle fait jonction avec la plage de Djoua, toutes deux magnifiques et mythiques de par le calme qu’elles procurent aux estivants qui les préfèrent aux autres. La plage d’El-meghra a été retenue comme plage pilote. Elle est connue à travers le territoire national et même à l’étranger. C’est la seule plage dotée de moyens adéquats, route bitumée, douche et WC, zodiac et ambulance. Attrayante, elle déborde de touristes venant des quatre coins du pays et de l’étranger. Les plages Acherchour, Djabia et Affalou manquent ostensiblement de moyens d’accueil et les estivants les préfèrent pour leur état naturel démuni de tout snobisme, leurs salubrité et calme propices au repos. Enfin le village Capritour constitue la fierté de notre commune car il est l’unique dans toute la wilaya de Bgayet ».

Ces plages merveilleuses toutes tournées vers la capitale des Hammadites où on y voit de loin la magnifique forteresse de Yemma Gouraya, la sainte vénérée qui veille sur la mer et une ville en florescence qui brille de mille feux. Des plages aux sables fins et dorés, enserrées entre une mer précieuse et une montagne qui se dresse comme une grande muraille sur laquelle sont disséminés les villages. Autant d’atouts qui attirent des estivants qui affluent vers ces plages comme des essaims. Elles sont aussi les lieux de rencontre des habitués qui savourent des moments de joie dans des sites hautement touristiques et présentant un cadre qui offre toute possibilité de détente aux touristes épris de curiosité de calme et de silence. Les plus fortunés optent pour le fameux Capritour, un ksar touristique entouré d’un muret. N’accèdent que les familles qui campent à l’intérieur se permettant de louer des Bungalows à 10.000 dinars la journée. Information donnée par les locataires en raison du mutisme des gestionnaires du site. Composé de deux groupes de résidences, les Amandiers et les Jasmins, toutes les deux englobent des centaines d’appartements, trois superettes, des restaurants, des cafés et d’autres commerces.

Un coin idéal pour les touristes casaniers, tant qu’on y trouve de tout à l’intérieur. Fréquentés par des familles émigrées, notamment jeunes, et aussi des gens à la bourse pleine d’ici, une fois à l’intérieur il est difficile de s’imaginer qu’on est en Algérie tant que sur la plage pleine à craquer d’une clientèle de classe aisée respectable et respectueuse, on entend que le français, peu de kabyle et très peu d’arabe. Le tourisme moderne règne en maitre dans un endroit paradisiaque ou il est vraiment agréable à vivre en été. Chaque soir la coupole vibre sous les chants d’un grand chanteur. Capritour offre donc le luxe dans un décor subtil et charmeur pour ceux qui peuvent se le permettre.

Continuant son récit Bachir Hamache met l’accent sur ceux qui ont sorti de l’anonymat Boukhelifa en parlant de Zidane, la star mondiale de football et du festival de Djoua, un carrefour culturel qui se tient chaque été. En 2007, la star du football mondial a visité sa terre d’origine en faisant un saut à Boukhelifa, devenue un lieu de pèlerinage ce jour-là. Des milliers de personnes en provenance des quatre coins du pays ont tenu à voir de visu la star Zidane foulant la terre de ses ancêtres, le plaçant ainsi sur le piédestal. Généreux et modeste, la vedette s’est arrêtée à un groupe de jeunes du village Djerba qui jouait au ballon, pour y prendre part symboliquement prouvant combien il aime le football et les jeunes défavorisés, n’oubliant jamais qu’il est issu de la banlieue lui qui est connu mondialement. « Incrusté d’une générosité exemplaire, ses gestes de bonté ne cessent d’affluer vers notre commune. Outre les couffins du Ramadhan de chaque année, il a offert une ambulance et un bus pour les communes de Tichy et Boukhelifa », indique M. Hamache. La Sainte Yemma Djoua renait de ses cendres, ses enfants lui ont redorée le blason en lui organisant un festival culturel et touristique original. Outre les délégations des 48 wilayas du pays, plusieurs délégations étrangères y ont prit part. Son objectif, réhabiliter et renouer avec les traditions ancestrales et promouvoir le tourisme de montagne dans la région. Le festival qui s’est tenu pour la deuxième fois à la mi-juillet est rehaussé par des chanteurs nationaux et étrangers qui ont égayé pendant 8 jours, soit du 15 au 22 juillet 2010 des parterres de visiteurs venant de partout. « Notre commune est une zone touristique à l’état vierge, elle a besoin d’investissement pour son développement. Nous souhaitons qu’elle soit classée par l’Etat comme zone à promouvoir pour qu’elle puisse se développer. Tout dernièrement, les domaines de Bgayet nous ont affecté un terrain 8500 m2 pour la création d’un camp de toile de 230 tentes au lieu-dit le Club hippique. Peut être à travers cet investissement, les autorités de la wilaya de Bgayet ont compris que le développement touristique sur la bande côtière passe par la commune de Boukhelifa », souligne

M. Hamache, le délégué au littoral. Amen.

L.Beddar

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