La rentrée sociale qui se profile juste après l’Aïd risque d’être chaude et pour le moins assez mouvementée si l’on se fie aux dires des uns et des autres et notamment aux déclarations de certains acteurs du mouvement associatif.
En effet, après un Ramadan des plus coûteux pour les maigres bourses, l’incontournable fête de l’Aïd et la rentrée scolaire, nul doute que le pouvoir d’achat déjà élimé ne saurait résister davantage. Cette année, l’Aïd El Fitr coïncide avec la rentrée scolaire, deux rendez-vous de grandes dépenses qui mettront à rude épreuve le budget des ménages algériens, notamment les familles aux revenus moyens ayant une nuée d’enfants à charge.
Une autre catégorie sociale, à savoir les familles franchement nécessiteuses, n’attendent, elles, que les aides et le soutien sporadique de l’Etat. Dans la wilaya de Bouira et comme partout ailleurs, de nombreuses opérations de solidarité ont été lancées par les services sociaux et les autorité locales à l’occasion du mois sacré au coude à coude avec la rentrée scolaire et les aléas qu’elle suppose. Et les 45 communes que compte la wilaya ont été concernées par cet élan de “générosité”. Mais après ces dépenses subies, il faudra bien trouver de quoi renflouer le budget familial et c’est là où le bât blesse. Il y aura des concours de recrutement comme ceux de la Fonction publique et notamment ceux du secteur de l’Education. Comme chaque année à pareille époque, des milliers de candidats pour une poignée de postes. Des postes qui ne sont toutefois pas assurés car la Fonction publique comme chaque année peut décider de leurs annulations sans autre forme d’explication.
A propos justement des postes d’enseignants et particulièrement ceux de Tamazight, un membre du mouvement associatif nous révélera qu’il sera établi un état des lieux de la situation de l’enseignement de Tamazight dès la semaine prochaine à travers l’ensemble du territoire de la wilaya pour savoir le nombre exact de postes à pourvoir. “Nous exigeons que Tamazight soit enseignée dans toutes les localités et non pas selon le bon vouloir des directeurs des établissements scolaires. ” Notre interlocuteur nous affirmera que pour ce faire, il sera programmé pour après l’Aïd, une marche nationale à Bouira pour exiger des autorités le maintien de l’enseignement de Tamazight dans l’ensemble des écoles, collèges et lycées de la wilaya. Une exigence qui devrait permettre aux détenteurs de diplômes de Tamazight d’éviter de venir grossir les rangs des sans emplois.
Une autre question toujours dans le domaine de l’enseignement qui demeure en suspens, est l’affaire de la centaine d’enseignants et enseignantes contractuels qui exercent pour certain d’entre eux depuis plus d’une décennie. Pour rappel, l’année dernière quelque 108 enseignants contractuels exerçant uniquement dans le secondaire avaient été comptabilisés par le Cnapest à travers la wilaya de Bouira. Des contractuels qui, pour la plupart sont titulaires de licences dans différentes filières et qui continuent à exercer dans une situation des plus précaires.
Des licenciés qui n’arrivent pas à être admis aux concours de la Fonction publique mais qui continuent cependant à dispenser des cours aux élèves. Une situation burlesque dont l’épilogue est loin de se profiler à l’horizon.
Hafidh B.
