la RN 25 qui relie Aomar à Tizi Ouzou via Draâ El Mizan se dégrade à vue d’œil. le tronçon de 8 km qui se situe dans la wilaya de Bouira se trouve dans un état de délabrement très avancé. Si sa réfection n’intervient pas avant l’hiver prochain, il risque fort de ne plus être praticable.Construite il y a près d’un siècle, elle n’a subi depuis, aucune modification. Très sinueuse, avec des virages en épingle à cheveux, les camions chargés, qui l’empruntent, la gravissent lentement et péniblement. Aujourd’hui, elle ne répond plus aux besoins d’un trafic qui se fait de plus en plus dense. Près de 15 000 véhicules dont le plus grand nombre est constitué de poids lourds, l’empruntent chaque jour. Ses ponts sont si étroits qu’il est impossible à deux camions de s’y croiser. Si par malheur, à son entame vous êtes précédé par un semi-remorque vous n’aurez d’autres choix que de le suivre à la très lente allure qu’il vous imposera. Passage obligé pour les Kabyles qui veulent se rendre à l’est du pays. Elle connaît aujourd’hui un trafic très dense, incessant de jour comme de nuit.Si pour les véhicules légers il est encore aisé d’y circuler sans très grande difficulté il n’en est pas de même pour les camions de gros tonnage. Grimpant en serpentin les flans des massifs montagneux entre Aomar et Draâ El Mizan, son tracé n’a subi aucune modification depuis qu’elle a été ouverte à la circulation voilà maintenant près d’un siècle. Si par le passé elle a répondu aux besoins de ses usagers, aujourd’hui, il en est autrement. L’important trafic qu’elle connaît actuellement doit faire de sa modernisation une urgence et une nécessité impérieuse.Empruntée par un très grand nombre de poids lourds, la chaussée s’est affaissée dangereusement à plusieurs endroits accentuant ainsi gravement son devers. Les intempéries de l’hiver dernier n’ont fait qu’aggraver son mauvais état. Par peur de finir au fond du ravin, les camionneurs roulent le plus souvent à gauche ce qui n’est pas sans danger pour les usagers peu vigilants venant en sens inverse.Comme si la nature n’avait pas assez fait, depuis plus de deux ans son côté bas sert de décharge sur une longueur de 3 km entre Aomar-gare et Aomar-centre. Tous les entrepreneurs y viennent déverser les terres excédentaires et les gravats de leurs chantiers. Le poids de ces terres a provoqué par endroits d’énormes éboulements. Cela n’a inquiété ni les services des travaux publics pour les dégâts causés à la route ni les services agricoles pour l’envahissement des terres arables par ces dépôts, ni les services de l’environnement pour l’image hideuse qui frappe la vue des usagers de cette route. Apparemment, personne ne semble s’émouvoir ou se sentir concerné par cette situation. L’inexistence d’autres moyens de transport de marchandises vers la Kabylie fait de la RN 25 une route d’une importance capitale pour le développement de cette région. Aujourd’hui, son état délabré ne répond plus aux besoins de ses usagers et aux normes d’une route nationale. Si la wilaya de Tizi Ouzou a réfectionné en 1997 le tronçon qui la concerne jusqu’aux limites de son territoire au col de Tizi l’Arbâa, celui se trouvant dans la wilaya de Bouira reste à ce jour dans un état lamentable. Ce n’est que récemment que la wilaya de Bouira a décidé de débloquer une enveloppe de 10 millions de dinars pour réparer, dans un premier temps, les dégâts causés par les intempéries de l’hiver dernier. Quant aux travaux de modernisation de ce tronçon annoncés depuis des mois et, dont le coût est estimé à 150 millions de dinars, leur lancement qui était initialement prévu en 2005 est reporté à 2006. En matière d’absurdité, il est difficile de faire mieux. Il est en effet, plus qu’absurde et encore moins compréhensible qu’une route classée nationale ne soit pas refaite sur toute sa longueur et que chaque wilaya doit prendre en charge la réfection de la seule partie qui la concerne.Pour peu que l’une des deux wilayas n’en fasse pas une priorité et que le travail n’est pas fait simultanément, ce qui est le cas pour cette route. L’aberration ne peut être que plus énorme. Où se trouve donc l’intérêt à refaire seulement un tronçon d’une route et en délaisser le reste ? C’est une énormité, dont ses responsables auraient bien pu s’en passer.
Ahmed Chibani
