Dur de vivre à Ibourassen

Ibourassen est implanté à 10 km sur les hauteurs de la commune d’Ath Laâziz, c’est un des villages où la vie est le plus intenable. Il accuse un retard énorme en matière de développements. La population reste toujours livrée à elle-même et attend un désenclavement. Lors de notre virée au village, c’est un jeune qui nous a narré les difficultés des habitants qui souffrent le martyre. En fait, pour se déplacer à Ibourassen, il faut prendre les bus assurant la desserte Bouira-Ifhoudhien ensuite continuer à pieds sur une distance de 7 km, en passant par des endroits montagneux afin de rejoindre le village. Notre interlocuteur déclare « les seules crises pour nous, c’est la route et le transport ». A ce titre, il faut noter que ledit hameau est enclavé, vu l’absence d’un chemin. Le jeune poursuit « la journée pour nous est un cauchemar, puisque nous sommes obligés de nous déplacer vers la RN 05 afin de prendre les bus ralliant les localités de Lakhdaria et Kadiria sur une distance dépassant 5 km, le retour est une autre histoire, puisque rejoindre le chef-lieu de Bouira est parfois impossible », ajoute notre interlocuteur. D’ailleurs, les citoyens d’Ibourassen sont souvent contraints de louer des fourgons à partir de la gare de Bouira à raison de 400 DA ou prendre les bus ralliant le village Laâlwachen, qui se situe non loin de village Ibourassen pour 25 DA ». Notre interlocuteur a indiqué que les transporteurs refusent d’acheminer les citoyens vers le village « il nous demandent 100 DA de plus pour une distance d’un kilomètre ». Le réseau d’AEP a été réalisé par les efforts consentis par l’ensemble des habitants. Les familles sont alimentées par la source d’Elannasar qui alimente d’ailleurs l’ensemble des villageois de la commune d’Ath Laâziz, la population réclame le réseau d’assainissement qui fait toujours défaut. Il est utile de souligner qu’aucune infrastructure culturelle ou sportive n’est implantée au village Ibourassen. On trouve uniquement une école primaire dans laquelle quelques élèves suivent leurs études dans des conditions lamentables, les enseignants arrivant toujours en retard. Selon toujours notre interlocuteur « ils justifient leurs retards par l’absence de transport, et on peut dire qu’ils font comme ils veulent… ». D’autre part, et comme partout ailleurs, les jeunes sont au chômage. Ils ne font qu’errer du matin au soir. « Ils ne viennent qu’à l’approche des élections afin de nous faire patienter avec de fausses promesses, et ce, depuis l’Indépendance », dira Bouras parlant des élus. Les jeunes d’Ibourassen n’ont qu’un seul choix, celui de déserter leur hameau vers les grandes villes pour chercher du « boulot ». Il est utile de rappeler que les travaux ont été relancés pour la réalisation du chemin Béni Fouda-Laghouat via le hameau Ibourassen. Pour rappel, ce projet a suscité la colère des habitants qui avaient même fermé la mairie d’Ath laâziz l’année précédente pour manifester contre leur oubli « les autorités locales ne se manifestent malheureusement que suite aux mouvement de contestation de la population ». Enchaîne un autre citoyen. Ibourassen est enclavé, aux pouvoirs publics de venir aux secours d’une population totalement marginalisée.

Amar Fedjkhi