M’chedellah : Des villages marginalisés

Les deux plus importants villages de la municipalité de M’chedellah, après Ath Yavrahim, en l’occurrence Ath Yekhlef et Assif Assemadh, implantés à moins d’une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la même municipalité accusent un criant retard en matière de développement, comparativement aux autres localités de la commune.

D’une zone rurale connue et renommée pour ses productions agricoles diversifiées, telles les céréales, les fruits et les légumes et ce grâce à la fertilité des sols et à l’abondance de l’eau, elle est passée à acheter ses denrées alimentaire et mourir de soif, depuis que le canal d’irrigation qui prenait jadis départ à partir du barrage d’Assif Assemadh est désaffecté et remplacé par un réseau d’irrigation réalisé pour ne jamais fonctionner, en l’absence de l’eau. L’eau de cette nouvelle canalisation a été canalisée vers le réseau AEP des communes de M’chedallah, Chorfa, Ahnif, et Selloum dans la commune de Takersboust. Ainsi, même en matière de l’eau potable, ces localités sont les plus soumises à des rationnements draconiens accentués par un réseau de distribution disparate devant faire l’objet de rénovation, d’extension, et d’augmentation du débit d’alimentation. Des localités entières, telles Iroufa, verghout, Igher Gueghrane et Takarchoucht, ont traversé des périodes très difficiles en été sans que personne ne trouve à redire. Un état de faits qui a conduit, les villageois à entreprendre à plusieurs reprises des actions de rue dont la dernière en date remontre au mois d’août dernier, durant laquelle les citoyens ont procédé carrément à la fermeture des sièges de l’APC et de la daïra, durant plusieurs jours. «Notre région souffre de marginalisation, et manque de beaucoup de choses, comme le gaz de ville, le téléphone, les pistes qui sont en mauvais état, l’absence d’assainissement pour certaines localités, le manque de structure pour nos jeunes qui n’ont ni maison de jeunes, ni stades, ni bibliothèque, pas même un cybercafé ou ils peuvent se divertir et s’adonner à des loisirs sains», nous dira un jeune villageois d’Assif Assemadh. En effet, la localité est la seule à être dépourvue de gaz de ville, après que les localités de raffour, vouaklane, M’chedallah centre, voumedjvar, zouzamene, tahmourt aouzemour ont été toutes alimentées. Pour le téléphone, il y a eu même des travaux de pose de conduite en PCV en prévision des câbles téléphoniques, qui ont été réalisés mais sans jamais connaître de suite. Ce n’est que cette année que les travaux de la réalisation d’un CEM ont été lancés sur une parcelle de terrain soustraite du domaine public, appartenant à une exploitation agricole collective (EAC). Un projet qui soulagera sans nul doute les centaines de collégiens de ces deux villages, de leurs longs et fatigables déplacements qu’ils effectuent quotidiennement pour rejoindre leurs différents établissement, situés au centre ville de M’chedallah.

Nadia Hamani