C’est une des escales les plus importantes et les plus symboliques que visitera le chef de l’Etat. En effet, la wilaya de Chlef avait été l’une des régions du pays les plus touchées par le terrorisme durant la décennie rouge. Plus que des actes de sabotage et autres assassinats individuels, cette région du pays a vécu des massacres collectifs dans plusieurs de ses villages. Des douars et des institutions étatiques ainsi que des établissements d’enseignement, notamment des lycées, ont été systématiquement attaqués par les hordes terroristes du GIA qui avait à sa tête un certain Antar Zouabri. Jusqu’à l’aube des années 2000, des actes criminels, quoique sporadiques, y ont été commis et la liste des victimes s’est prolongée. En plus du terrorisme, la wilaya de Chlef vit dans une précarité sociale certaine, à l’image d’ailleurs de beaucoup de régions de l’intérieur du pays.C’est donc avec toutes ces données que le Président tentera de convaincre les citoyens de cette wilaya, à travers ceux qui se déplaceront au chef-lieu, du bien-fondé de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. C’est la troisième visite qu’effectue en réalité le chef de l’Etat à l’intérieur du pays depuis le lancement, la semaine passée, de la campagne électorale en faveur du oui pour le référendum sur la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Dimanche, Abdelaziz Bouteflika était à Béchar, dans le sud-ouest du pays, où il avait animé un meeting populaire. Jeudi, c’était la ville de Sétif qui avait accueilli le Président pour la même campagne. Il avait animé une rencontre au stade olympique de la ville. Les villes de Ouargla, Oran, Constantine, Laghouat, Tizi Ouzou et Alger seront, par ailleurs, les prochaines destinations de Bouteflika, qui a choisi de rassembler plusieurs wilayas autour des grandes villes, pour ne pas avoir à faire une tournée nationale avec une escale dans chaque localité. En plus, de Abdelaziz Bouteflika, d’autres personnalités politiques de premier plan se sont déployées sur le terrain pour le même objectif. Ahmed Ouyahia, Abdelaziz Belkhadem, Aboudjerra Soltani, Louiza Hanoune et d’autres encore se sont investis dans cette campagne qui annonce, apparemment, un consensus certain autour du projet cher à Abdelaziz Bouteflika. A des différences près, et mis à part quelques réserves marginales, ces chefs de parti se sont tous mis d’accord sur le projet. L’UDR de Amara Benyounès effectuera, lui aussi, des sorties sur le terrain dans les prochains jours. D’autres acteurs, dits de la société civile, soutiennent aussi le texte du Président sans réserve. Du côté des associations des victimes du terrorisme, les avis divergent selon que l’on soit apparenté au RND, au FLN ou sans attache partisane particulière, même si ce dernier cas est vraiment rare. Seules les associations des disparus s’opposent à la charte, en compagnie de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme de Ali Yahia Abdennour, arguant que le texte ne leur rend pas justice.De leur côté, le FFS et le MDS ont exprimé leur désaccord total avec le projet proposé à référendum par le chef de l’Etat. Seul le parti de Hocine Aït Ahmed, cependant, fait campagne publique pour un non au référendum. Le parti réunira, à cet effet, son état-major ce week-end à Alger. La campagne pour ou contre la charte pour la paix et la réconciliation nationale va s’accentuer dans les prochains jours, au fur et à mesure que l’échéance approche.
Ali Boukhlef
