Pour comprendre le phénomène de la drogue, il faut d’abord comprendre comment le corps réagit à celle-ci. En premier, la réponse du corps à une drogue dépend non seulement de sa concentration, mais de la sensibilité des cellules atteintes. Cette sensibilité est contrôlée par des facteurs génétiques et les changements du corps en réponse à une exposition prolongée à la substance. A mesure que l’organisme est exposé à la substance toxique, il s’adapte à sa présence et son niveau de sensibilité diminue jusqu’à ce qu’il y ait tolérance. Si la consommation de drogue se poursuit, la tolérance se transforme tranquillement et insidieusement en dépendance. D’une part, le corps s’ajuste à la présence de la drogue et réagit si celle-ci est enlevée (dépendance physique); d’autre part, la personne a un désir constant de la drogue (dépendance psychologique).
Ceci pour l’aspect purement scientifique. Quant aux facteurs qui poussent les jeunes notamment à une propension à se rouler des joints, pour rester dans le jargon, il est grandement nécessaire de se pencher sur les conditions sociales surtout.
Quand on a vingt ans, qu’on est oisif et que les autres » Ouled El Houma » sont des habitués des petits dealers, force est d’admettre que la tentation est grande.
Et de fil en aiguille, la première bouffée prise en cachette par imitation se transforme, des mois et quelques risques plus tard, en approvisionnement forcé.
La consommation des drogues en Algérie a atteint des proportions alarmantes notamment chez des sujets jeunes. Une demande qui s’explique par la volonté de fuir une réalité de plus en plus dure en s’immergeant dans des « paradis artificiels.
Le Rubicon qui mène à l’usage des psychotropes a été franchi par des milliers de jeunes Algériens, seule la barrière du coût en freine la demande. Des jeunes adolescents délaissés par la société font usage de substances dangereuses pour la santé comme sniffer de la colle. Les facteurs, les causes qui poussent un individu sont tellement complexes qu’il est prudent de s’en tenir à de simples hypothèses et de se méfier de toute affirmation et de toute explication simple.
Dans les approches et dans les outils de prévention, il n’est pas rare que la famille et la société soient mises en cause, sinon d’être mises en accusation, le manque de dialogue et de compréhension au sein de la cellule familiale est souvent évoqué comme l’une des raisons possibles du cheminement d’un jeune vers l’usage de la drogue, car même dans les familles et les milieux aisés, ce problème existe.
Tout le monde a sa petite histoire à raconter à propos d’un voisin ou d’une connaissance qui a fini parfois, au pire par un suicide et au mieux par devenir complètement dépendant de la drogue et ne peut plus s’en ressortir de ce piège.
Quand on pense avoir fait un pas vers le paradis alors qu’on en a fait deux vers l’enfer, commence pour l’usager la longue descente aux ténèbres.
Ferhat Zafane
