Pour les fruits, le constat est pire. Le raisin frôle la barre des 120 DA. L’orange et la clémentine de moyenne qualité sont cédées à partir de 100DA le kilo.
Lors d’une virée à travers les marchés de la région sud (Maâtkas, Souk El Tenine, Boghni et Ouadhias), les indicateurs sont à la hausse au grand dam des pauvres citoyens. Le désarroi et la crainte de ne pouvoir offrir le minimum à leurs familles sont dans tous les esprits. Que faire pour s’en sortir ? Quel plan faut-il appliquer, pour passer le cap de l’Aïd sans trop de dégâts ? Telles sont les questions qui taraudent les neurones. Dda Ali, un fonctionnaire, père de cinq enfants, ne trouve aucune explication à cette flambée subite : «La cherté est devenue une constante. Au moindre événement, c’est la flambée. Au lieu de jouir et de profiter de la joie et de la féerie de l’Aïd, comme dans le temps, nous endurons un vrai casse-tête et un calvaire à faire perdre la raison aux plus assagis. Tout est devenu subitement cher. Les vêtements, les fruits, les légumes et la viande. Le mouton, on n’ose plus en rêver. C’est inadmissible pour un pays de musulmans». En effet, notre randonnée à travers les différents étals et les différents rayons a confirmé la fulgurante ascension des prix. A commencer par l’ haricot vert, indispensable au couscous de l’Aïd, qui se vendait il y a moins d’une semaine à 80 DA, son prix est passé à 140 DA. Soit une augmentation de 80%. La tomate est proposée à 85DA le kilo. La courgette, l’autre légume de large consommation pendant les fêtes, est affichée à partir de 80 DA. La pomme de terre, les carottes, les navets ne sont accessibles qu’à hauteur de 45 DA le kilogramme. La laitue, les piments et le poivron se vendent respectivement à 80 DA, 130DA et 150 DA. C’est dire que c’est simplement intouchable. Pour les fruits, le constat est pire. Le raisin frôle la barre des 120 DA. L’orange et la clémentine de moyenne qualité sont cédées à partir de 100DA le kilo. Les poires et les pommes locales c’est toujours à partir de 100DA. La banane est fixée définitivement parait-il à 130 DA. Les belles pommes dites golden, les gens n’y songent même pas. Un kilo à 180 DA, ça n’est pas pour tout le monde. C’est très au-dessus des moyens des consommateurs, qui n’ont leurs yeux que pour voir et pleurer. Dire que ce sont les spéculateurs qui malmènent toute la société avec de telles pratiques ! Et dire aussi que les services concernés ne savent rien, n’entendent rien et ne feront donc rien. Ce qui encouragera les maîtres du marché à récidiver et à redoubler d’acharnement en quête de gain rapide et trop facile. Quitte à mettre toute la population dans l’appréhension et la souffrance.
Mouton de l’Aïd et viande.
Pas touche, c’est brûlant !
Jeudi dernier, au marché de Souk El Tenine, les moutons ont envahi toute la ville. Il y a du mouton partout. Les transactions quand à elles se font rares. La raison principale évoquée par les clients est l’excessive cherté. Un agneau de 20 kilos ne descend pas de la barre de 20. 000 dinars. Quand aux béliers leurs prix dépassent les 40. 000 DA. A Souk El Tenine et à Maâtkas, toutes les familles respectent la tradition, le sacrifice du mouton est une affaire d’honneur. Alors, les plus avertis élèvent eux-mêmes leur mouton. Les autres, notamment ceux à faibles ressources adoptent le plan «b» : l’empreint et la facilité de payement. Une dette qui ne sera remboursée qu’on serrant encore plus la ceinture et au bout de beaucoup de privations. Pour ce qui concerne la viande rouge, l’inaccessibilité n’est plus à démontrer. La viande os est maintenue à son prix de 750 DA. Le beefsteak culmine toujours à 1300 DA le kilo. Pour la viande congelée, c’est aussi cher puisque son prix est passé à 520 DA. Le poulet vidé court toujours à 250 DA le kilo. Avec de tels prix, des pans entiers de la société sont privés de faire la fête et de goûter à la joie de l’Aïd. Du coup, les citoyens essuient le revers de la pièce et appréhendent l’arrivée des fêtes. Normal, car elles s’accompagnent d’érosion et de dépravation plus que de tout autre chose.
Hocine Taib
