Citoyens indifférents et partis peu pressés d’en découdre

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Les élections locales partielles (APC/APW) prévues pour le 24 novembre 2005 ne semblent pas passionner grand monde à Bgayet. D’autres échéances, pas forcément électorales, focalisent davantage l’attenton du citoyen, plus préoccupés par la prochaine rentrée scolaire et le Ramadhan qui frappe à nos portes, soit deux événements fortement dispendieux. Dans le même ordre d’idée, l’échéance référendaire du 29 septembre ne fait pas recette. Ce qui tend à nous faire croire que le jour du scrutin, il n’y aura pas de bousculade autour des urnes. Ce ne sera peut-être pas un bycott, mais quelque chose qui s’y apparenterait, tout au moins dans la forme.Du côté des partis politiques et de l’administration en charge du scrutin du 24 novembre, une agitation somme toute normale est perceptible. C’est ainsi qu’à la date d’hier, 139 dossiers de candidatures pour les APC et 10 pour les APW ont été retirés auprès de la DRAG. Outre les Indépendants, en force, le RND qui ambitionne une présence à l’échelle de toute la wilaya, Wifak, El Islah et le PRA (tous les deux lorgnant chacun vers 5 communes) soit les partis qui, conrètement, ont fait part de leur intérêt certain pour cette échéance.A l’opposé, deux grosses pointures ne se sont pas encore manifestées, il s’agit du FFS et du FLN, même s’il n’y a pas l’ombre d’un doute quant à leur participation.L’enjeu, même s’il est limité dans le temps puisqu’il s’agit de mandats ultra courts, permettra aux uns et aux autres de se placer et de se replacer sur un échiquier à 52 cases (52 communes). L’électorat à coutiser et à convaincre est de 419 000 électeurs. Même si certains acteurs s’en défendent, la majorité n’en pense pas moins que cette élection est le tremplin idéal pour une autre échéance, celle de 2007 qui verra le renouvellement de toutes les instances locale et nationale.Rappelons que cette situation inédite, née du renvoi des élus issus de l’élection tronquée et faussée pour certains, courageuse et légale pour les autres d’octobre 2002, résulte de la satisfaction par le pouvoir d’un des préalables avancés par le Mouvement des archs, aile dialoguiste. La décision de dissolution des différentes assemblées locales le 28 juillet écoulé a été suivie par une autre portant tenue d’élections locales partielles et dont la date a été fixée au 24 novembre, sitôt l’annonce faite, beaucoup de partis politiques ont manifesté, dans la foulée, leur intérêt et fait part de leur participation à ce scrutin.A contrario, la rue, les élections ont du mal à comprendre la nature et la portée d’un mandat dont, le moins que l’on puisse dire est qu’il est… écourté. Cette “singularisation de la Kabylie” comme certains se plaisent à baptiser cette donne inédite, ils n’en veulent pas. Les grincements de dents sont insistants, même si pour l’instant personne ne s’est hasardé à évoquer un éventuel boycott.L’échéance étant encore relativement lointaine, les partis politiques auront tout le loisir d’expliquer à leurs troupes le sens et le bien fondé de leur démarche, avant de briguer leurs voix. Les partis ont leurs raisons que les électeurs ne partagent forcément pas.

M. R.

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