A sa manière, l’association Amgud a commémoré avant-hier, le 55e anniversaire de la naissance du chantre de l’amazighité à la maison de jeunes Arezki Mansouri. Pour cette occasion, les membres de cette association ont décerné le prix Matoub Lounès contre l’oubli (voir notre édition du 23 janvier). Ainsi, pour cette troisième édition, leur choix s’est fixé sur trois personnalités. C’est en présence des invités, notamment l’association Taneflit n’ Tmazight et le peintre Hocine Haroun, qu’ Ali Mouzaoui est monté sur le podium pour recevoir cette distinction. « Je suis très content d’être présent parmi vous et recevoir ce prix qui m’honore car il s’agit d’une personnalité à laquelle on doit beaucoup. C’est beau de défendre et de promouvoir notre culture, mais il est encore plus beau de la transmettre aux autres. Je tiens, encore une fois, à remercier les membres d’Amgud qui multiplient ce genre d’actions », a déclaré tout ému, le réalisateur. La deuxième personne à laquelle est décerné ce prix est Akli D. Ce dernier a été représenté par son frère Saïd. Celui-ci a confié à l’assistance que son frère Akli avait pris le chemin de la chanson surtout lorsque, lui-même, émigré lui avait ramené de France une guitare. « Il ne jouait que sur une guitare de fortune, fabriquée avec un bidon d’huile. Merci d’avoir pensé à lui », a dit le représentant du Bob Marley Kabyle. Appelé au téléphone, Akli D a exprimé ses remerciements à Amgud tout en disant qu’il rentrerait bientôt et programmerait quelque chose dans la région. Akli D a ajouté par ailleurs, qu’il etait prêt à contribuer à toute initiative allant dans le sens de la promotion de la culture. Enfin, Ahcène Chérifi, très occupé n’a pu se déplacer à Draâ El Mizan. « Je suis très content qu’on m’ait fait participer à ce prix, mais ce que j’aimerais encore c’est qu’on aie une pensée pour les orphelines de feu Mohamed Haroun », nous a-t-il répondu. Cette manifestation s’est déroulée dans une atmosphère pleine d’émotion, surtout que Matoub Lounès n’est plus parmi les siens. L’auteur avait bel et bien raison d’avoir composé et chanté « Iâdawen n’tudart »,(les ennemis de la vi). Karim Larbi, en sa qualité de président d’Amgud a jugé que ce prix est symbolique et a lancé un appel en direction des autorités et d’éventuels sponsors à contribuer pour que ce prix devienne consistant et pourquoi pas national et institutionnel.
Amar Ouramdane

