Musique Son nouvel album sortira sous peu – Chérif, entre passion, amour et patrimoine

Nous l’avons rencontré à Biskra, lors d’une soirée musicale, au cours de laquelle il a volé la vedette à tous les présents. Sa voix douce et son texte chatouillent les sens des mélomanes.

Lui c’est Chérif. Jeune artiste qui a choisi, à la différence de la majeure partie de nos jeunes artistes, de se placer plutôt du coté du pur folklore kabyle, tel que fredonné par Chérifa, d’où il tire les enseignements, Ldjida, Lla Ounissa, Djamila, Yamina et toutes celles qui, non seulement, étaient artistes à part entière, mais de plus avaient contribué à briser un tabou des plus tenaces, celui de voir une femme «s’adonner» à l’art ! Chérif, en féru de ce style qui demeure apprécié du grand public, en est à son 3e album, en attendant « le 4e qui viendra sous peu », a-t-il annoncé. Dans ses textes, Chérif chante, non sans titiller les cœurs, l’exil, le social et l’amour, qui demeurent les sujets de prédilection tant maîtrisés par nos bardes. Son album sera, d’abord, un hommage aux anciennes chanteuses et, ensuite, une consolidation d’une carrière artistique qui commence déjà à donner ses fruits. Questionné sur les raisons qui le poussent à s’inscrire dans cette optique, Chérif rétorque, avec conviction, que «ceux qui démarrent avec les anciens assurent une base solide !». Au-delà Chérif assure que son travail vise aussi «à sauvegarder un patrimoine culturel en déperdition ces dernières années ». Evoquant l’histoire du folklore kabyle, Chérif estime que la Chaîne II, était ouverte grâce au concours de ces femmes artistes, citées plus haut. Lla Ounissa, qui demeure l’initiatrice de ces chants à la Radio nationale, était, raconte Cherif «femme de ménage chez Lafarge». « Ce dernier, ajoute-t-il, l’a introduite à la radio, car il aimait ses chants». Cette femme fredonnait, au fait, « les chants traditionnels de la région d’Ilmayen, à Bordj Bou Arréridj ». Par ailleurs, Chérif regrette que le public ait oublié ces «grandes dames qui ont tant donné pour notre culture». Chérif n’a pas omis de souligner le rôle joué par Cheikh Noureddine dans ce domaine. Sur ses projets, Chérif révèle qu’il rendra hommage à toutes ces femmes qui ont fait les beaux jours du chant traditionnel kabyle. «J’ai un projet d’album, avec un cocktail de titres des anciennes chanteuses, en guise d’hommage», a-t-il indiqué. Par ailleurs, il révélera, qu’avec Ldjida Tamechtuht, «nous essayerons de reconstituer la chorale avec comme seuls instruments Ibenduyars ». Toujours sur cette initiative, il a souligné que la chorale «avait fait un enregistrement, pour la Chaîne 4 de la télévision nationale, durant le mois de Ramadhan écoulé ». En fin, Chérif, qui devait parler de son nouvel album, avait préféré évoquer les anciennes chanteuses pour lesquelles il veut rendre hommage, en réunissant tous les archives les concernant, «elles qui ont perpétué ce genre musical», a-t-il souligné.

M. C.