Draâ El Mizan Le professeur Leïla Houti l’a déclaré lors d’un séminaire tenu au lycée Ali Mellah – «La Leishmaniose est la maladie des pauvres !»

Un séminaire de deux jours a été tenu, vendredi et samedi, au lycée Ali Mellah, à l’initiative d’une équipe d’experts, de professeurs en épidémiologie et autres spécialistes venus du Centre National de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle d’Oran.

Le séminaire a été l’occasion pour exposer les travaux effectués durant des années sur la leishmaniose cutanée et le changement climatique dans deux sites géographiquement contrastés, Aïn Skhouna (Saïda) zone steppique et semi-aride à l’ouest du pays; et Draâ El Mizan au centre du pays, zone limitrophe de forêts denses et de marécages. C’est au terme de la première année d’études que cette équipe est intervenue pour informer ses partenaires dans cette région, dont tous les services de l’état ainsi que la société civile ont présenté les résultats scientifiques des études de terrain. Il faut dire que ce projet a été mené en partenariat avec le Centre des Recherches pour le Développement International du Canada.  » Le développement de cette maladie est un danger pour la santé et pour tout l’écosystème. Nous voulons travailler avec vous afin de proposer les moyens et les voies à définir, afin d’éradiquer cette pathologie infectieuse mortelle et propre aux pays pauvres. Il faut prendre conscience de tout cela car il y va de la santé humaine. Les sommes colossales, dépensées dans tous les aspects du traitement de cette maladie, devraient être utilisées à la création d’emploi et de richesses », dira en premier lieu, le professeur Leïla Houti du CRASC. Durant toute son intervention, elle a fait un parallèle entre les deux sites choisis. « C’est le moment, pour nous, de travailler ensemble car le temps où on confiait des études à des étrangers est révolu. Vous et nous, les chercheurs, nous pourrons trouver des solutions, car il s’agit du terrain », insistera-t-elle. « L’état des lieux est alarmant, la prolifération de décharges sauvages et de chiens errants caractérise la région de Draâ El-Mizan et de Tizi-Gheniff. Ainsi, la visite des représentants du CRASC chez les acteurs locaux, s’est soldée par la mise en place d’un comité local de coordination du projet », lit-on dans un document sur le projet. Durant la première journée de cette rencontre avec les acteurs locaux et la société civile, les intervenants ont mis l’accent sur cette maladie qui est à l’origine de dépenses faramineuses qui pourraient être utilisées pour d’autres activités créatrices de richesses si, et seulement si, une prise de conscience est de mise afin de réduire tous les foyers de propagation du virus. Leïla Houti a trouvé que les propositions avancées par les personnes interpellées étaient là pour protéger l’homme. « La santé n’a pas de coût », martèlera-t-elle dans toutes ses interventions. Tout le monde s’est accordé à dire que l’amélioration des conditions de vie des ménages, leur protection, les étables bien nettoyés, les cours d’eaux usées traités, restent, quand même, des solutions efficaces qui vont dans le sens d’éradiquer cette maladie. « Il ne faut pas espérer que les américains et les européens fassent quelque chose pour trouver des solutions à la leishmaniose cutanée, car ce n’est pas leur maladie. Ils s’occupent de leurs problèmes et c’est à nous de nous occuper de cette pathologie car elle est parmi nous », a ajouté un autre interlocuteur. Après la présentation des études faites et des enquêtes menées à Draâ El Mizan et à Aïn Skhouna, qui ont abouti à des résultats inquiétants, un débat a été ouvert. De nombreuses propositions ont été faites et les animateurs ont répondu aux questions posées avec des chiffres et des solutions mises au point. Le deuxième jour a été consacré tout d’abord, aux propositions telles que l’abattage des chiens errants, le traitement des cours d’eau et des marécages ainsi que l’entretien des abris d’animaux et des plantations d’arbres tout au long des cours d’eau et du compostage des ordures ménagères et bien d’autres idées dans l’objectif d’avoir un environnement sain. Sous forme d’ateliers, le séminaire a continué durant toute la journée, avant d’aboutir à des recommandations à présenter aux ministères concernés pour leur mise en œuvre, dans le but d’arriver à l’éradication de cette maladie et de bien d’autres. En tout cas, ces deux journées ont mis à nu la réalité du terrain et la volonté des animateurs locaux ainsi que ceux du CRASC d’Oran, afin de conjuguer les efforts pour l’amélioration de l’écosystème et, par ricochet, la santé publique, puis, la création de l’emploi et des richesses.

Amar Ouramdane