Conférence sur les défis stratégiques à l’horizon 2030 – Jean Dufourcq : « les Etats défaillants seront balayés par leurs peuples »

Le contre-amiral Jean Dufourcq a évoqué les défis majeurs auxquels fait face aujourd’hui, le monde lors d’une conférence-débat organisée par le Centre de recherche stratégique et sécuritaire(CRSS).

«Il y a trois grands défis que l’humanité aura à relever, il s’agit de l’évolution démographique, l’exigence écologique et la régulation des marchés mondiaux », a déclaré Mr Dufourcq. Qui note que le monde vient de connaître de nouveaux acteurs (Chine, l’Inde et le Brésil) qui veulent prendre leur part dans le monde en apportant de nouvelles conceptions.

L’orateur voit que tout devient fluide en l’absence de modèle politique : « pendant des décennies beaucoup de sociétés se sont alignées sur le modèle américain et s’il s’effrite il y aura beaucoup de répercutions qui vont changer la configuration du monde ».

Abordant la relation entre l’Etat et les peuples, le conférencier estime que le rôle de l’Etat est affaibli par les multinationales et les ONG : « l’économie numérique a rendu l’Etat incapable de satisfaire les exigences des populations » en effet, ces dernières veulent s’autogérer et prendre en main leur destin : « la démocratie parlementaire à montré ses limites, les citoyens ne votent plus car les parlementaires ne sont plus actifs de leurs élus et sont devenus rentiers ».

L’orateur précise aussi que les Etats défaillants seront balayés par leurs peuples : « les populations sont exigeantes, il faut améliorer la santé et construire des logements et si les Etats ne garantissent pas cela,ils seront balayés par leurs peuples ». Interrogé sur ce qu’on appelle la fin de l’idiologie,Mr Dufourcq indiquera que : « Dignité liberté et prospérité sont des mots plus forts que capitalisme, communisme et islamisme et sont devenus des moteurs très importants pour les sociétés et pour les peuples ».

Concernant l’union pour la Méditerranée, l’idée est très bonne d’après l’interlocuteur : « l’initiative est bonne mais on était pas bon dans la gestion, en effet le projet du groupe 5+5 a échoué en raison de l’absence de solutions à la question Palestienne ».

Dans cette logique, le conférencier note également que : « La France fait beaucoup de choses en terme de sécurité dans la Méditerranée et comme tout le monde, elle cherche la bonne solution et le vrai équilibre entre les contextes et les perceptions ». Evoquant les politiques dans le monde Arabe, Mr Dufourcq note que : « La coordination entre la religion, la politique et le social n’est pas faite pour être un repère, un projet en effet ces trois sphères n’ont pas réussi à trouver un modèle politique ».

Dans ce sens l’orateur estime que le monde Arabe ne peut pas former un rassemblement politique d’intérêts : « rien nous indique que le monde Arabe va porter un projet collectif » a-t-il dit.

Samira Saidj