La JSK supplante la CNCD

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Contrairement aux événements phare de l’histoire politique algérienne, la capitale du Djurdjura n’est pas emballée par l’appel de la Coordination pour le changement.

C’est peut être l’une des rares occasions « politique » que Tizi Ouzou ne suit pas et les citoyens « l’ignorent » de manière quasi « consensuelle ».

Tizi Ouzou n’a, donc pas entendu l’appel de la CNCD. La manifestation publique de la Coordination pour le changement a été « zappée ». Il n’était pas d’ailleurs difficile d’établir le constat du « désintérêt » de la population. La vie suit son cours normal; commerces ouverts, circulation normale, la ville des Genêts n’a pas dérogé à la règle, elle est restée « calme » comme à son habitude, comme chaque week- end. Réputée par l’élan de mobilisation qui la caractérise à chaque fois que la scène politique nationale s’agite, impose un événement particulier, la capitale du Djurdjura a « zappé » complètement la marche d’hier, initiée par la Coordination nationale pour le changement. La ville des Genêts n’a pas branché et l’événement n’a pas, contrairement aux grands moments politiques vécus par la région, suscité un intérêt particulier au sein de la population. Hormis quelques commentaires de « militants politiques » le reste de la population n’a pas donné de crédit à la manifestation d’Alger.

C’est que les événements et toutes les péripéties politiques qu’à vécus la région, toutes les trahisons qui ont caractérisé le combat de la Kabylie pour l’avènement de la démocratie et la reconnaissance de l’identité berbère ont fini par « démobiliser » les plus acharnés et dissuader les plus « engagés ». Bien évidemment, ce qui revenait en boucle hier, à Tizi Ouzou,est indéniablement la composante même de la Coordination pour le changement. Des observateurs « aguerris » estiment, en effet, que la présence de chapelles partisanes a « sérieusement » discrédité la manifestation et jeté des « doutes » sur les motivations exactes d’une telle initiative. Ces mêmes observateurs pensent que la « meilleure manière de noyer une contestation citoyenne, une vraie ; est de lui coller en tête des tutelles partisanes à la crédibilité entachée d’un passif très lourd ».

Il faut dire que dans ce contexte particulièrement ardu pour les formations politiques dont la quasi-totalité est décréditée aux yeux de la population, il est presque certain que la dynamique citoyenne proprement dite ne peut s’enclencher « la ville de Tizi Ouzou est fatiguée de toutes ces trahisons qui ont emmaillé le combat de la région. Les citoyens sont lassés de subir autant de déceptions et ne veulent plus se laisser embarquer dans des manœuvres aux visées obscures » commente un citoyen habitant le quartier des Bâtiments bleus situé au cœur de la ville des Genêts. Justement, dans cet important axe de la ville de Tizi Ouzou, le quotidien n’a pas été différent des autres jours de la semaine. Les commerces ont ouvert normalement et les gens ont vaqué à leurs propres préoccupations.

C’est dire qu’au niveau de la capitale du Djurdjura la « mobilisation » était plutôt du côté du stade du 1er Novembre qui accueillait la rencontre JSK-El Eulma pour la reprise du championnat national. Un signe annonciateur d’un « changement » radical dans la manière avec laquelle les Tizi Ouzèens « regardent » et « épient » les événements sur la scène politique « au lieu de faire sa marche sur les plateaux de télé les initiateurs auraient dû se rapprocher du peuple, expliquer la démarche et s’attarder sur les motivations d’une telle initiative pour un changement qui devait, en principe, émaner de la société et non des officines partisanes en mal de crédibilité » observe un jeune enseignement.

A.Z.

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