Le doyen des néphrologues algériens, le Pr Benabadji, a donné bien du tonus mardi, à une journée de sensibilisation ayant pour thème »L’insuffisance rénale chronique et dialyse », organisée à l’auditorium du centre hospitalier et universitaire de Tizi-Ouzou (CHU) pour célébrer la journée mondiale du rein.
Ce chef du service de néphrologie du CHU de Beni Messous a su capter l’intérêt du public pas trop nombreux dans la salle, en raison visiblement du mouvement social qui affecte les hôpitaux dont la grève des résidents.
»Tout passe par le rein et attaque le rein », clame le Pr Benabadji pour qui le néphrologue ne doit faire confiance à personne pour prendre en charge son malade. Il doit savoir tout pour mieux soigner, estime-t-il, en faisant état dans sa communication de deux cas précis de malades mal diagnostiqués. ‘
‘Il fut un temps où le médecin goûtait aux urines du malade pour mieux diagnostiquer son mal et le soigner. Je ne sais pas si aujourd’hui on le fait », a-t-il souligné comme pour dire que le médecin n’est pas obligé d’aller à ce genre de méthodes aujourd’hui avec les avancées technologiques et scientifiques auxquelles est parvenue la médecine.
»Le rein est important, on est obligé de lui accorder une importance capitale », a-t-il ajouté avant de rendre hommage dans sa communication aux précurseurs dans le domaine, Dr. Willem J. Kolff (1911 – 2009) et Jean Hamburger (1909 -1992).
L’Américain Dr. Willem Johan Kolff est connu comme le »père des organes artificiels » alors que son confrère, le médecin français Jean Hamburger, est reconnu comme le fondateur de la discipline de la néphrologie.
Le Pr Benabadji a souligné ensuite le travail complémentaire qui existe entre les urologues et les néphrologues dans la prise en charge des malades.
Auparavant le Pr Saba, chef du service de néphrologie du CHU de Tizi-Ouzou a fait état des efforts que fournit son service dans le domaine qui est le sien, regrettant qu’une transplantation rénale, intervenue il y a deux jours à Tizi-Ouzou, soit ignorée du public, critiquant indirectement la presse ou, peut-être, les communicateurs. Pour lui il s’agit d’un acte exceptionnel que de donner une partie de son corps pour un parent.
Le Pr SEBA tenait à mettre en exergue ce sacrifice faisant appel même à un verset du noble Coran pour souligner l’importance de l’acte.
Le Pr Rayane qui lui a succédé a traité quant à lui de la dialyse en Algérie et dans le monde. Il a rapporté que, selon des statistiques datant de 2010, qu’ils sont deux millions de malades dialysés dans le monde.
Ils sont 13. 500 patients en hémodialyse en Algérie à bénéficier de soins à travers 156 centres publics et 101 privés. Tous les patients bénéficient des meilleurs traitements, a-t-il assuré. Le coût de revient par malade est de 70 euros la séance.
Il y a 102 générateurs par millions d’habitants en Algérie contre 44 seulement chez les voisins marocains, a-t-il dit. Il a fait état auparavant d’un plan de prévention de l’insuffisance rénale chronique (IRC)que le ministère de la Santé entend promouvoir pour la période 2011-2014.
»Les nouvelles thérapeutiques en dialyse », »Le traitement de l’anémie en dialyse », »la prévention de l’IRC » et »le don du rein » sont autant de thèmes qui figuraient parmi une bonne douzaine de communications au programme de cette journée de sensibilisation ouverte par le directeur général du CHU de Tizi-Ouzou, le Pr Ziri Abbes.
Celui-ci a salué le travail effectué par les équipes spécialisées du CHU et rappelé que son établissement s’est renforcé par l’aménagement d’une troisième salle d’opération pour accueillir davantage de malades.
Rappelons qu’une équipe totalement algérienne s’occupe désormais des greffes rénales au CHU de Tizi-ouzou. Cette équipe est encadrée par le Dr. Benasla (urologue) et les professeurs Seba et du Dr Badaoui (néphrologues). Le Dr Banals a insisté lors d’un récent entretien à la Dépêche de Kabylie, sur l’importance de l’esprit d’équipe pour mener à bien la mission.
»On aurait aimé aussi développer le cadavre », avait déclaré Dr Benasla, pour qui toute les conditions sur le plan médical, des autorités et de religion (une fetwa) existent. Il ne reste que le côté mentalité à faire évoluer, c’est-à-dire parvenir à obtenir l’acceptation par les proches de personnes décédées que des organes soient prélevés, a-t-il expliqué.
Le don d’organes est l’un des thèmes de cette journée de sensibilisation à laquelle ont pris part plusieurs specialistes liés à ce domaine et qui devaient présenter des communications, comme le Pr Benhalima et les docteurs Arbani, Boubchir, Zedoumi, Saidani, Boutaghou, Aouaneche, Benziane, Badaoui, Khemri.
Belkacemi Mohand Said

