La journée mondiale de l’eau, fêtée cette année, sous le thème de « L’eau pour les villes, répondre au défi urbain » porte un grand engagement qui a pour but d’assouvir la soif des citadins. Mais cela veut-il dire que seules les zones urbaines doivent être l’unique préoccupation des autorités dans le domaine de l’alimentation en eau?
La Kabylie a toujours été l’un des endroits les plus humides. Des sources naturelles, d’où coulent une eau fraîche faisait tarir la soif des villageois. Ses sources proviennent du mont du Djurdjura.
Ce qui fait que Tizi-Ouzou gère actuellement plus de 25% du patrimoine national en eau. La wilaya est donc riche de part ses ressources hydriques. Un potentiel généreux qui devrait rendre l’eau disponible à tous. A cela vient s’ajouter l’eau parvenant de barrage. Cette dernière est répartie à travers les régions de la wilaya. Le barrage Taksebt sert les régions de Azeffoun, Mekla, Fréha, Azazga… Alors que le versant sud de la wilaya est alimenté quant à lui, à partir le barrage Koudiat Acerdoun, sis à Lakhdaria, dans la wilaya de Bouira. C’est donc Draâ el Mizan, Boghni, entre autres qui sont prises en charge avec l’eau provenant de ce barrage. Par ailleurs, cet approvisionnement en eau potable, ne devra peut-être plus se concentrer sur les villes. Le constat est donc là mise à part les centres- villes, les régions éloignées ont toujours soif. Les villages perchés sur les montagnes se voient eux privés de ce liquide précieux. Avec toute cette richesse en eau potable, le temps où les villageoises faisaient de longue chaînes afin de remplir leurs jerricans d’eau, devrait être révolu. Mais la réalité est toute autre. Plusieurs localités souffrent de nos jours du manque d’eau. Il suffit pour cela de s’éloigner juste un peu de centre- ville considéré comme une grande vitrine pour se rendre à l’évidence. La non équité dans la distribution en eau fait que d’un côté et dans certaines communes,l’eau coule dans les robinets des foyers 24h/24 et 7jours/7,alors que de l’autre par contre, il se passe des semaines parfois même des mois, sans qu’aucune goutte d’eau ne profile au bout des tuyaux. Chaque année, des efforts sont pourtant engagés dans le domaine, mais ces lointaines localités ont de plus en plus soif. Et se retrouvent encore délaissées et pour cause, l’eau, ce liquide vital demeure encore un luxe presque inaccessible. Dans plusieurs villages, l’eau source de vie est moins, ou pas du tout disponible. Les habitants sont obligés d’acheminer elles mêmes des fontaines publiques existantes du village. Qu’en reste -t-il des sources naturelles ?. Car, à mesure que le temps passe, ces dernières se tarissent les unes après les autres, laissant la soif s’installer. Le manque en eau qu’enregistrent ces régions est flagrant. Surtout pendant les périodes estivales. C’est le cas notamment dans plusieurs villages de la commune de Mekla. Prenant l’exemple de la région d’Ait Frawssene, qui regroupe en tout, une dizaine de villages. L’eau y coule pour les plus chanceux une fois par semaine. Une demi journée pendant laquelle les habitants sont contraints de remplir tout ce qu’il y a à remplir. Puis ;ils devront gérer le liquide précieux pendant une semaine, si ce n’est plus. Cela malgré le fait que la commune soit alimentée par le barrage de Taksebt. Par ailleurs, Ait Abdemoumene, dans la commune des Ouadhias vit le même cas. La Kabylie maritime vit le même calvaire. Et ce ne sont pas des cas isolés, mais beaucoup d’autres localités font face au même problème. En parallèle, d’autres communes et régions de la Kabylie,ont la chance d’avoir accès à l’eau potable. De l’eau oui, mais qu’en est-il des réseaux d’alimentation ? Que ce soit dans les anciens ou même dans les nouveaux réseaux d’alimentation en eau, des lacunes existent. Usés, certains d’entre eux datent de l’ère coloniale. Les déficiences sont nombreuses. Les tuyauteries éclatent à la moindre pression de l’eau, causant des fuites un peu partout. Dans d’autres cas, on déplore des pompes défectueuses. Ce qui engendre des dérèglements dans la distribution. C’est vrai qu’un projet de reprise et de mise à niveau de ces réseaux et en cours de réalisation. La wilaya de Tizi-Ouzou fait partie des dix wilayas inscrites dans ce programme. Cette action permettra une réhabilitation de ces réseaux et permettra une bonne répartition de l’eau et surtout un débit équitable.
Afin de ne pas considérer ce manque en eau dont souffre plusieurs foyers comme une injustice, l’équité et la bonne gérance dans sa distribution est de mise. Car tout le monde le sait, le barrage Taksebt, avec toutes les quantités d’eau qu’il accumule, surtout pendant les périodes hivernales, peut à lui seul combler cette carence.
Tassadit Ch.

