Grève au centre universitaire de Bouira – Tout se décidera aujourd’hui lors de l’AG

Hier, le centre universitaire de Bouira a rouvert ses portes dans un climat très tendu, le mouvement de protestation estudiantin touche désormais tous les département du centre sans exceptions.

En effet, la grogne des étudiants s’est amplifiée durant les vacances et avec les récentes évolutions survenues dans leur secteur, notamment la réunion du 27 mars dernier.

En pénétrant à l’intérieur de l’enceinte universitaire, on remarque des rassemblements d’étudiants dans les différents départements, en nous approchant de plus prés, on se rend compte que ce sont des représentants d’étudiants, qui expliquent les tenants et aboutissants de ce débrayage généralisé.

Prenant attache avec l’un d’eux, en l’occurrence le représentant des étudiants de langues et lettres Arabes, pour avoir de plus amples renseignements, il déclare : « On est là pour clamer et réclamer nos droits les plus fondamentaux, on en a plus que marre d’être marginalisés, cette administration fait la sourde oreille, on va lui monter de quel bois en se chauffe ! ». Abordant avec lui, le fond du problème, il réplique : « On demande à être pris en considération, on n’est pas des rébus de la société. On est victime d’un mépris à peine voilé de la part de l’administration ». Une étudiante prend la parole : « On demande du respect à notre égard ». Le représentant l’interrompt : « Je vais vous parler du mépris, ce dernier est incarné par notre chef de département, si vous voyez la façon dont il se comporte avec les étudiants, vous seriez choqués ». L’étudiante de tout à l’heure rapplique par une phrase qui est applaudie par tous : « Notre chef de département est un dictateur !». Une autre intervenante, du même département se plaint du système LMD : « Avec ce système, on est dans le flou le plus total, on ne sait plus où on va, les professeurs eux-mêmes n’en savent rien, pour vous dire qu’on navigue dans le flou ». On se dirige ensuite vers le département de Droit, même son de cloche de la part d’un des représentants de la base estudiantine de ce département: « Les étudiants sont tous pour la grève, on est décidés et personne ne peut nous arrêter ».

Tous… ? Pas si sûr, aux abords de l’institut de psychologie, on aborde un jeune étudiant en psychologie du travail, en fin de cycle, on l’interroge sur la paralysie qui touche la fac de Bouira, il répond ainsi : « Ecoutez, moi je suis contre cette grève, je suis en fin de cycle, et à deux mois de l’obtention du diplôme, je n’ai rien appris, la grève se terminera tôt au tard, mais à la fin, qui seront les plus grands perdants ? Nous, bien sûr ! ». Il poursuit, en disant : « Cela ne veut pas dire que je ne me sens pas concerné par les revendications, qui sont légitimes. Cependant, il y’a des manières moins radicales de se faire entendre, comme faire des grèves par alternance, sans paralyser tout le campus ».

En essayant de savoir à quelle heure se tiendra l’Assemblée Générale des étudiants, qui doit décider du sort de ce mouvement de protestation, les avis recueillis sont unanimes, elle n’aura pas lieu aujourd’hui (hier NDLR). Pour avoir la confirmation officielle, on se met à la recherche des membres de l’une des organisations estudiantines, cette quête, nous mène à l’Institut des sciences et technologie, une fois sur place, on retrouve Djamel, membre de l’UGEL, il nous confirme l’information : « l’AG est pour demain lundi et c’est là que tout se décidera ». Profitant de sa présence, nous demandons la position de son organisation vis-à-vis de ce débrayage, il répond : « C’est l’UGEL qui a pris l’initiative de cette protestation ».

Un étudiant lui coupe la parole méchamment : « C’est faux ! Le mérite revient aux étudiants, nous à l’institut des Sciences, on vous a jamais vu, vous ne vous êtes jamais préoccupés de nos problèmes, vous venez ensuite vous appropriez notre grogne». Le fait nouveau dans cette grogne du milieu estudiantin, est que les étudiants on pris les devants, et ne veulent plus que leurs revendications deviennent “la propriété’ des comités. On assiste bel est bien à un éveil collectif au sein des étudiants du Centre universitaire de Bouira.

Ramdane B.