Au cahier culturel – Arraw n’Atmani : Un éclair

Par Abdennour Abdesselam :

Atmani, célèbre chanteur des années 1970, tente une percée rajeunie dans la chanson à travers ses fils qu’il a su mettre sur la rampe de lancement. Pour une première dans la chanson kabyle ce fut incontestablement une réussite et passer le flambeau c’est tout simplement généreux et honorable.

Les Atmani juniors réussirent une très belle collection en direction d’une jeunesse presque abandonnée sur ses propres thèmes et genres. Il y eut en effet dans leur répertoire une adéquation qui annonçait les prémices s’en allant satisfaire des nouvelles attentes.

C’est une initiative qui a été assez bien accueillie. Il est vrai qu’en ce temps la diffusion n’était pas aussi « démocratisée », aussi bien ouverte et aussi bien organisée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Mais Arraw n Atmani ont réussi à « dépasser » la vitesse du son… et c’était l’essentiel. Le père, au riche palmarès et très attentif aux possibilités de ses fils, s’est effacé et les juniors ont eu un bon vent et leurs chansons sont noyées dans l’ivresse de la jeunesse. Ils se sont le plus souvent produits en duo et même en cœur sur des airs de chez nous, mélangés d’une bouffée d’oxygène musicale à tendance universelle. Arraw n Atmani s’en iront ainsi chemin faisant droit vers une réussite au bout d’un chemin sans fin. Mais voilà que nous nous n’ expliquons pas assez et pourquoi il y a eu un coup d’arrêt brusque, bref, vif et tout aussi inattendu pour un aussi bon départ. Un départ presque athlétique du terme. Les adolescents se sont retrouvés alors sevrés trop tôt de ce lait musical qu’ils attendaient comme l’éclair renouvelé. Cette frange de la population n’a certes pas été gâtée. L’essentiel de la production artistique dans la chanson kabyle traitait plutôt de sujets pour adultes. Seuls eux comptaient dans le groupe de la cité. Ils étaient aussi les seuls acteurs et auteurs des événements. C’est alors que nous noterons que la quasi-totalité des initiatives engagées et destinées aux jeunes ont presque toutes eu une vie brève et éphémère. Autrement dit, dés qu’un artiste adolescent grandit, le genre disparaît. La régénération n’a pas été hélas, une chaîne continue et entretenue. Mouloud Habib, alors le plus jeune chanteur à la chaîne 2, immédiatement après l’indépendance, le majestueux groupe Ali Tiddukla, encadré par l’éminent Idir, l’époustouflant Lghazi sont autant d’exemples qui caractérisent cette courte carrière. Les entendre encore tous,nous enchantent grandement.

Abdennour Abdesselam (kocilnour@yahoo. fr)