Décidés à aller jusqu’au bout de leurs revendications, les étudiants organisés dans la Coordination nationale autonome des étudiants, CNAE, investira aujourd’hui, la rue algéroise pour porter les revendications estudiantines aux autorités du pays
La marche » millionnaire » prévue pour aujourd’hui, de la Grande Poste vers le Palais du gouvernement, annoncée depuis plusieurs semaines par la coordination, est une action parmi celles engagées par cette structure autonome des étudiants depuis le début de la grève, qui dure depuis plusieurs mois.
Selon les animateurs de la coordination qui étaient hier après-midi, en réunion pour arrêter les modalités techniques de la marche d’aujourd’hui, leurs revendications sont claires comme l’eau de roche. Il s’agit, entre autres, de la démocratisation de l’université algérienne avec l’élection des responsables à toutes les échelles, comme les recteurs, les doyens, les chefs de départements. Dans le même sillage, les étudiants exigent la démocratisation de la prise de décision concernant la famille universitaire, avec l’implication directe et objective de toutes les composantes de l’université à savoir, les étudiants, les enseignants et les autres fonctionnaires.
Ces mêmes étudiants exigent aussi de la tutelle la reconnaissance des comités et autres associations autonomes des étudiants en tant que seuls et uniques représentants des étudiants. Cette revendication ne va pas sans exiger la dissolution des organisations estudiantines affiliées aux partis politiques surtout celles de la Coalition, comme l’UGEL, l’UNEA, l’ONEA… » Ces organisations ne font que freiner le combat des étudiants en négociant des post- graduations et des privilèges « , estime un étudiant.
Par ailleurs, la plate-forme de revendication de la CNAE réclame » la tenue d’états généraux de l’université afin, expliquent les étudiants “d’évaluer les deux systèmes « , à savoir le classique et le LMD. Les étudiants demandent le maintien de ces deux systèmes, et que le choix est celui des étudiants et non pas de l’Administration, qui, de leur avis, oriente d’une manière arbitraire les étudiants vers des filières pas toujours du goût de l’étudiant.
Toujours dans le même ordre d’idées, les étudiants réclament la » réouverture des concours de magister pour tous les étudiants, en exigeant, au passage, l’ouverture de plusieurs autres post- graduations”. Et aussi un accès libre et sans condition au master I et II pour tous les titulaires d’une licence.
» Nous réclamons aussi la valorisation des diplômes universitaires « , annonce un étudiant avant qu’un de ses camarades n’ajoute que » les instituts doivent être reconnus par la Fonction publique « . A propos du problème soulevé par les étudiants en droit, la CNAE exige le maintien du CAPA dans toutes les universités du pays.
D’autre part, la CNAE exige des pouvoirs publics une bourse universitaire de 15 000 DA.
» L’action d’aujourd’hui n’est pas une fin en soi « , explique un étudiant, et d’ajouter qu’elle s’inscrit dans le registre des luttes engagées par la CNAE. A propos d’une éventuelle année blanche guettant l’université il a informé que les » étudiants vont passer leurs examens pour éviter cela, même si, nous nous battons contre un avenir noir ! « .
Selon lui, les étudiants vont rejoindre les bancs de amphithéâtres pour y passer les examens, tout en maintenant la pression sur les pouvoirs publics, car, » l’avenir de cette grève dépend de la décision du ministère de tutelle « , a-t-il souligné.
M. Mouloudj

