Le 31 décembre est la date butoir fixée par la Cnep pour ceux qui n’ont pas encore remboursé leur crédit logement. Au-delà de cette échéance, les concernés seront traduits devant la justice. Pis, ils risqueront même de voir leur logement saisi. Cette annonce a été faite hier par M. Otmani directeur-général adjoint (D-GA) chargé des crédits au sein de ladite banque, rencontré à l’hôtel Aurassi à l’occasion de la tenue du 2e salon national du logement, organisé sur deux jours par Expolab en partenariat avec le ministère de l’Habitat. Selon l’interlocuteur, sur les 200 000 clients ayant bénéficié des crédits, 40 000 ont accusé un retard, allant jusqu’à dix ans, pour le remboursement. Parmi ces derniers, 20 000 ont réglé leur situation en s’acquittant de leur créance en 2004, soit la moitié des crédits non payés ont été recouvrés. Des souplesses ont été introduites dans la stratégie de la Cnep afin de sensibiliser les personnes qui font objet de ce litige financier. Un arrangement à l’amiable leur a été accordé. Selon Otmani, ils seront exonérés de toutes pénalités de retard et d’intérêt méritoir sur leur crédit, à condition qu’ils ne dépassent pas le délai arrêté, à savoir la fin de l’année en cours. Faute de quoi, il y aura de lourdes sanctions, a averti le même responsable. « Nous sommes prêts à les arranger en leur accordant plus de temps pour qu’ils puissent rembourser leur crédit car nous préférons faire des mauvais arrangements que de réaliser des bons procès » a-t-il dit avant d’ajouter qu’un travail est en train de se faire pour l’élaboration d’une carte géographique. Celle-ci va permettre aux services de la Cnep d’évaluer ses activités à travers toutes les régions. Le D-GA a également révélé que le non-recouvrement des créances est dû en particulier au laisser-aller de certains de leurs agents qui n’ont pas été à chevale pour interpeller les retardataire. « Il n’y a pas eu de suivi » a déploré l’interlocuteur. Et d’enchaîner que pour pallier à ces carences de gestion, un nouveau dispositif a été mis en place pour établir une évaluation mensuelle. A partir de cette procédure, la Cnep définira les bons et les mauvais de ses de clients estimé à 7 millions. Sur la même lancée, Otmani a indiqué dans la foulée, que 500 milliards de dinars sont le montant de l’épargne actuelle de la CNEP. A la question de savoir les perspectives de cette dernière en matière de financement de logement, le D-GA a indiqué que dans le cadre du programme d’un million de logements que le président de la République compte livrer en 2009 la Cnep a pris sur son compte le financement de 65 000 unités. Une partie soit 10 000 logements seront mis sur chantier incessamment, dont 4 000 seront lancés avant la fin de l’année en cours. En outre, la CNEP œuvrera à la « liquidation » de 35 000 logements qui risquent de mévente. « La CNEP a accepté de faire des sacrifices sur ses intérêts et de vendre à perte », dira de surcroît le responsable chargé des crédits. Ce dernier souligne à la même occasion, qu’en vertu d’une instruction ministérielle de 2001, le taux d’intérêt a été revue à la baisse pour chuter à 0,25 %. Le leasing immobilier est le nouveau produit que la CNEP ambitionne de mettre sur le marché au cours de cette année. Il s’agit d’acquérir certains biens et les mettre à la disposition d’un particulier où d’une entreprise pour une durée déterminée. « C’est une sorte de location » a expliqué M. Bounouar, directeur chargé du marketing à ladite banque. Celui-ci ajoute qu’en perspective, la CNEP ambitionne d’élargir son chant d’activités pour participer à la réalisation de toutes sortes de constructions immobilières, citons entre autres, les hôpitaux et les écoles.
Un million de logements en décembre 2008Les promoteurs et architectes qui ont pris part au séminaire organisé en marge du 2e salon de l’habitat ont remis en cause les déclarations faites jeudi dernier par le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia sur le plateau de l’émission de la télévision nationale Liqa El Tahrir, diffusée jeudi dernier. Rappelons que ce dernier a annoncé que le programme d’un million de logements sera livré au « maximum en décembre 2008 », soit une année d’avance de ce qu’il a été prévu par le président de la République. Ahmed Ouyahia a, d’ailleurs même, souligné qu’un chantier de 500 000 logements est d’ores et déjà lancé. Selon les promoteurs, le problème de l’assiette foncière se pose avec acuité. Celle-ci fait défaut notamment dans les grandes villes. Mme Houria Bouhired architecte et présidente du Comité national de l’Ordre des architectes, pour ne citer qu’elle, a soulevé moults insuffisances susceptibles d’entraver la réalisation de ce programme en question. Selon elle « la réalisation de cet important investissement (30 milliards de dollars) requiert un niveau d’organisation et de compétence que les structures publiques sont loin de réunir ». Et d’ajouter que « pour la réalisation de ce projet d’un million de logements, il est impératif de mettre en place des paramètres d’évaluation réels pour la définition des coût normatifs susceptible d’orienter les opérateurs et les entreprises de réalisations. » Les moyens de construction et la main-d’œuvre font également défaut, dira un des promoteurs.
Wassila Ould Hamouda
