Une ville qui renaît de ses cendres…

Etincelant au milieu des solitudes forestières, la mer offre sa compagnie à ce site d’une incomparable beauté de la corniche jijilienne. Enchâssées comme un joyau, un ensemble de maisons, éclatant de blancheur, achèvent les folles rêveries du visiteur pour lui rappeler qu’à l’extrême ouest de la wilaya de Jijel, une région longtemps installée dans un inconfortable isolement, subit, aujourd’hui, les nécessaires mutations, et renaît de plus en plus de ses cendres. A une soixantaine de kilomètres du chef-lieu de la wilaya, Ziama fait figure de bout du monde. Pour s’y rendre, nul besoin de choisir son parcours ; par quelques détours empruntés, vous finirez inéluctablement sur une route nationale (RN 43), obligeant à une vigilance de tous les instants. Creusée à flanc de montagne, cette route cahotante épouse le relief de la côte jusqu’à destination. La mer toujours présente, ne vous quittera à aucun moment. Et c’est justement là qu’on découvre avec le ravissement de l’ultime fatigue que la vie reprend petit à petit après plus d’une décennie d’horreur et de cauchemar qu’ont fait subir les sbires de Hassan Hattab à une population déjà meurtrie par la misère et la marginalisation. Aujourd’hui, Ziama ressemble, dans sa péripherie, à une ville en chantier qui n’en finit pas d’avaler d’immense quantités de ciment, notamment avec ces valeureux projets en cours de réalisation, tels le nouveau centre de santé avec tous les services, le stade communal, l’élargissement de la route, la construction des logements sociaux, les écoles et d’autres projets dont a besoin une population admirable pour sa simplicité et son courage et qui continue de lutter contre le chômage et la pauvreté qui la frappent de plein fouet. « Dieu merci nous avons ce petit port de pêche qui nourrit plus de 70 % des familles », nous lance M. Madjid Leghmizi, pêcheur, qui nous a guidés pendant notre mission. En somme, le vent nouveau qui souffle sur la coquette ville de Ziama-Manssouriah, présage un indice de bon augure pour les vingt mille habitants qui s’accrochent courageusement à la vie, et sera, sans aucun doute, une véritable voie vers le désenclavement de la région. Avec le minimum d’attention de la part des hautes autorités, « Ziaman sera un éden sur terre », conclut notre guide.

Rabah Zerrouk