Présidente de l’Association Kabyle Imazighen de l’Essonne, Mme. Houria Labou explique, dans cet entretien, les objectifs de son association, ses différentes activités et, surtout, celle qu’elle organise, cet après-midi, avec Akfadou Production.
La Dépêche de Kabylie : Vous êtes présidente de l’association AKIE, pouvez-vous la présenter à nos lecteurs ?
Il s’agit de l’Association Kabyle Imazighen de l Essonne pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel amazigh, créée en novembre 2005.
Quelles sont vos différentes activités ?
Nos principaux objectifs sont axés, surtout, sur le maintien et la mise en valeur des différents aspects de notre si belle culture. Et ce, à travers l’enseignement de la langue, l’organisation d’événements (Yennayer, Tafsut, la Journée de la femme,… ), la projection de films amazighs suivis de débat, les expositions d’artisanat… Mais ce qui caractérise notre association, en particulier, c’est la création du premier Salon culturel amazigh qui s’est déroulé à Vigneux sur seine en avril 2008, ainsi que la participation régulière au Grand Salon du mariage de la Villette, où nous animons un important village amazigh composé de nombreux stands avec la mise en scène d’un authentique mariage amazigh, ce qui attire à chaque fois une foule nombreuse… La prochaine édition sera pour les 26 et 27 novembre 2011 à Paris.
Vous organisez, aujourd’hui, en collaboration avec Akfadou Production et la mairie de Chilly-Mazarin, le printemps de la tolérance, parlez-nous un peu de cet événement ?
En effet, cet événement est en préparation depuis janvier dernier avec le cinéma François Truffaut à Chilly-Mazarin, avec lequel nous avons déjà collaboré au printemps 2010. Ensuite, Akfadou Productions a proposé de se joindre à nous. Nous avons souhaité à travers cette manifestation et face aux révolutions qui secouent certaines parties du monde ainsi que la montée de l’extrémisme en France, de créer un espace de tolérance et d’échanges où se côtoieront des participants aux origines multiples. Au programme, il y aura des films, des débats, des expositions, de la musique, des chants, de la danse, de la poésie… La particularité cependant sera la participation exceptionnelle de Nassima Chabane, qui interprétera des chansons de Slimane Azem et de Cheikh El Hasnaoui. Sans oublier la présence de Miss Berbère 2011 ! Notre devise : « Connaître la culture de l’autre permet de nous accepter les uns les autres. »
Pourquoi les projections du film de Azeddine Meddour et du documentaire sur Tahar Djaout ?
Tout simplement pour promouvoir le cinéma amazigh, trop peu connu, à mon goût. Présenter un film amazigh en VO, dans une salle de cinéma en France, est à mon sens un acte hautement symbolique. Très peu de salles acceptent ce type de projections.
La Montagne de Baya est considéré comme un bijou du 7ème art, de même que le film documentaire consacré à la vie de Tahar Djaout qui suscite actuellement l’intérêt du public. Un débat, à l’issue des deux films, sera animé par des professionnels du cinéma ainsi que d’autres intervenants.
Une pléiade d’artistes, pour le gala, sera pressente, pourquoi le choix a été porté sur ces artistes qui, chacun, représente un style ?
Absolument, et comme indiqué plus haut, nous avons veillé pour ce Printemps de la Tolérance, à diversifier les styles pour rappeler, justement, que le peuple amazigh est un peuple généreux, tolérant et ouvert. D’ailleurs, à titre d’exemple, la présence sur scène de la chorale mixte de l’association dirigée par l’artiste Wahab Agaoua, de Nassima, diva de la chanson arabo andalouse, ainsi que de la jeune Iness, étoile montante de la chanson rock plurilingue. Ainsi, pour échapper à la monotonie, chacun trouvera son bonheur dans notre programmation.
Concernant l’exposition, c’est le même raisonnement : Stands variés et riches en couleurs, odeurs et esthétique (cuisine traditionnelle, artisanat avec les tapis, bijoux, poterie, robes,… ) venus des quatre coins de Tamazgha.
Et aussi une dédicace de Faroudja Amazit ?
Oui, Faroudja se trouve actuellement à Alger pour une vente dédicace au profit des orphelins, ainsi que des conférences de presse sur la dignité des femmes. Elle rentre le 28 mai sur Paris pour se joindre à nous. Faroudja est une dame, au parcours extraordinaire, qui a su associer réussite sociale et moderne avec ses racines kabyles.
Un mot pour vos invités ?
A tous nos invités et aux lecteurs de la Dépêche de Kabylie, nous souhaitons la bienvenue parmi nous. Nous serions fiers de les accueillir à un spectacle riche en émotions et en beauté. Nous espérons, surtout, recevoir de nombreux spectateurs pour les films, car jusqu’à présent, nous avons eu du mal à remplir les salles malgré l’excellent choix des œuvres, notamment Si Mohand ou Mhand l’insoumis, Arezki l’indigène, Matoub Lounès la voix d’un peuple, et l’intérêt des débats. Soutenez votre culture en refusant la médiocrité dont font souvent l’objet, malheureusement, les événements culturels associatifs en France. Surtout, soyez fiers de vos racines et transmettez cette fierté à vos enfants. Le dernier mot : Un grand merci au journal ainsi qu’à toute l’équipe de bénévoles de l’Association Kabyle Imazighen de l’Essonne. Tanemmirt.
Propos recueillis par M. Mouloudj
