Venus des pays du Sahel, des centaines d’immigrants affluent chaque année en Algérie. Un pays frontalierdevenu leur première destination, pour s’y installer ou pour transiter vers l’autre rive.
Réputés pour s’adonner à toutes sortes de trafic, ces Africains bricolent tout comme leurs frères algériens dans différents métiers. Ils sont également des marchands à la sauvette. Ainsi, au chef-lieu de la wilaya de Bouira, ils sont nombreux à étaler leurs petits commerces sur les trottoirs et places publics. Cagettes, amulettes, bijoux sahariens traditionnels, substances et produits divers sont exclusivement les articles vendus par ces nouveaux «arrivés». Ils parlent peu le français, peu d’arabe mais aussi ils apprennent quelques mots de Kabyle. Peu communicatifs, ils sont principalement du Mali, du Tchad mais également des Touaregs et autres ambulants de ces zones frontalières. Installés depuis quelques mois à quelques encablures de la grande poste de Bouira, Yahia, 26 ans, est l’un de ces immigrants venus sous d’autres cieux pour s’adonner au marché informel. Il a accepté de se confier à nous sous peu de ne pas franchir certaines «lignes». Venu du Mali depuis 4 ans, il a parcouru déjà la moitié de l’Algérie. «Un pays voisin et aimable», dit il. Curieusement, la question qui parvint à l’esprit : a-t-il vraiment parcouru toute cette distance pour vendre ici ces petits articles ? Visiblement, ce commerce ne génère pas autant de profit pour gagner sa vie ! «Fuir la misère et espérer gagner ma vie», se contente de répondre Yahia. En conséquence, on ne pourra en savoir plus. La mondialisation, dit on, favorise entre autres la mobilité des capitaux et des personnes. En réalité parmi ces derniers, des milliers fuient leurs pays spoliés, s’engouffrant dans la pauvreté aux abois des crises. Ils sillonnent le monde et confirment toutefois cette «mobilité» au prix même de leur vie. Par ailleurs, ces émigrants sont souvent impliqués dans la falsification de la monnaie et le trafic de drogue. Les autorités ne cessent d’en refouler un nombre important. Il faut dire que ce sont déjà des migrants illégaux.
L. M.

