Benbouzid fait appel aux opérateurs privés

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Lors de la réunion qu’il a tenue jeudi dernier avec les 14 directeurs de l’éducation des wilayas du Sud, pour procéder à l’évaluation de la première semaine de la rentrée scolaire dans cette région du pays et donner les instructions nécessaires à l’entame d’une année réussie, le ministre de l’Education nationale, M.Boubekeur Benbouzid est revenu à la charge et s’est encore une fois longuement étalé sur les sujets qui captent, pour l’heure, toute l’intention de la famille de l’éducation, à savoir, le manuel scolaire, l’encadrement et le projet de l’établissement. De prime abord, M.Benbouzid insistera sur l’exigence du suivi du processus de réforme et de son accompagnement permanent afin d’enraciner ces améliorations et nouvelles procédures dans les esprits pour optimiser toutes les potentialités existantes et éviter les erreurs du passé. Il réitérera la détermination de son département et du gouvernement à venir à bout de tous les obstacles qui entravent le bon déroulement de la réforme et chargera les directeurs des académies de le tenir au courant de tout ce qui se passe et de lui transmettre régulièrement l’évolution des faits. M.Benbouzid leur donnera instruction de ne pas accorder l’ouverture d’un seul établissement qui ne serait pas doté de toutes les commodités ou dans lequel les travaux ne sont pas encore achevés. Il ajoutera que dans un délai maximal de deux mois, tout sera finalisé dans l’ensemble des établissements du pays. Il insistera également sur l’obligation de remettre les primes de solidarité dans les plus brefs délais afin de permettre à tous les élèves d’avoir leurs manuels et affaires scolaires dans les temps pour que  » tous les élèves aient droit aux mêmes moyens une fois le seuil de l’école franchi ».Le manuel est disponible mais la distribution fait défautAppelé à donner des clarifications sur le dossier très lourd des manuels scolaires qui a suscité une polémique ces derniers jours en raison des plaintes émises de certains établissements et élèves qui n’arrivaient pas à mettre la main sur ces livres après deux semaines de reprise des cours, M.Benbouzid dira que ce qui s’est posé avec acuité, essentiellement à Alger est causé par un déséquilibre dans la distribution et informera q’une réunion pour débattre de cette question se tiendra avant aujourd’hui samedi avec le secrétaire général et l’inspectrice de l’académie d’Alger qui aura carte blanche de procéder aux changements qui s’imposent afin de remettre la direction sur les rails. Il expliquera que la production a été largement suffisante, qu’elle couvre les besoins de tous les élèves et que la distribution a été entamée depuis le mois d’août sur les 23.000 établissements d’enseignement. A cet effet, il soulignera l’urgence de la réorganisation du circuit de distribution car dira-t-il, « les moyens de l’office national des publications scolaires (ONPS) qui est avant tout une unité d’édition et de production ne sont nullement suffisants ». Le ministre qui déplorera l’absence de structures spécialisées dans la messagerie, annoncera que les portes sont ouvertes devant les opérateurs privés ayant les moyens d’assurer les services de distribution et d’acheminement du manuel scolaire jusque dans les établissements, et qu’un appel d’offres sera lancé prochainement pour en finir avec ce problème.Le livre de physique dans une dizaine de joursSoulevant le problème de la pénurie du livre de physique qui n’est pas disponible jusqu’à présent, le ministre notera que ce manuel précisément qui a subit un retard dans la distribution, présente un cas spécial puisqu’il a été retiré à la dernière minute suite à une erreur découverte lors des ultimes correctifs et retouches, et que d’ici une dizaine de jours tous les établissements mettront les manuels à la disposition des élèves. Quant aux manuels des cycles de 2e année secondaire et de terminale, Benbouzid soutiendra que la couverture ne dépasse pas les 70% du fait que ces classes subiront des réformes l’année prochaine avec de nouveaux programmes et bien sûr de nouveaux manuels. « La réforme coûte énormément et il faut rationaliser sa gestion. Dépenser des sommes faramineuses dans la production de livres qui ne serviront qu’une année n’est pas très raisonnable. », enchaînera-t-il. Avant de clore ce dossier, le ministre de l’éducation affirmera que la cherté déplorée par certains parents d’élèves est expliquée par les prix élevés des intrants (papier, encre…) qui entrent dans la confection de manuels scolaires. Il ajoutera également qu’une augmentation de 5% est opérée sur les prix affichés sur les manuels scolaires, et que les élèves et leurs parents pourront voir ces prix à travers les listes affichées dans l’ensemble des établissements. Le premier responsable de l’Education nationale reviendra une fois de plus sur la nécessité de procéder à l’obligation du manuel scolaire, tout en soulignant que plusieurs hypothèses sont à l’étude pour trouver les meilleurs moyens de financer cette opération, en faisant entre autres appel à l’aide du gouvernement et à la contribution des collectivités locales (APC, APW) qui ont reçu instruction pour mettre le manuel scolaire au centre de leurs préoccupations et d’y consacrer une partie de leur budget.Meilleur encadrement pédagogique et gestion administrative collectiveComme à son habitude, M.Benbouzid demeure intransigeant sur le dossier de l’encadrement et des formateurs. Il sommera les cadres de l’Education nationale d’en finir avec les pratiques du passé et les méthodes usitées qui ont prouvé leur échec et auxquelles on a eu recours en raison de l’indisponibilité d’enseignants dans certaines spécialités. Chose qui n’est plus d’actualité, c’est pourquoi il rappellera que plus aucun enseignant ne dispensera des cours en dehors de sa spécialité de base. Il fera savoir qu’avec 6 000 postes budgétaires, les besoins des cycles primaire et moyen sont largement satisfaits. Le problème subsiste avec le cycle secondaire, mais rassurera qu’un dossier traitant de la couverture pédagogique sera présenté incessamment au gouvernement pour résoudre définitivement ce problème, notamment après l’introduction de l’informatique comme matière d’examen dans les classes de 1ère année secondaire. Il rappellera en ce sens que d’ici la fin novembre, les 1 500 lycées du pays auront leurs salles avec les équipements et matériels nécessaires. En matière de couverture, Benbouzid relèvera l’énorme déficit en couverture en postes administratifs, du fait que depuis sept années, aucun poste n’est mobilisé pour le secteur. Il notera qu’il veille personnellement sur l’établissement d’un état des lieux qui sera présenté et traité par le gouvernement pour la prise en charge de ce dossier. Le ministre reparlera aussi du lourd projet de l’établissement pour une gestion collective de nos écoles et la responsabilisation de tous les acteurs qui y participent, staff administratif, encadreurs et parents d’élèves. Il soulignera qu’une opération de sensibilisation est lancée au niveau de toutes les académies de l’éducation pour enraciner cette idée qui sera discutée lors des conférences régionales puis lors de la conférence nationale afin de sortir avec un document qui retracera les grandes lignes de ce concept encore nouveau, tout en prenant en compte les spécificités de chaque région et de chaque établissement.

H.Hayet

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