La poésie du réel livrée à elle-même est suffisante pour appréhender l’irréel qui nous entoure. C’est à la commune Ath Thizi dans la daïra attachée administrativement à la wilaya de Sétif, distante de 75 km de la wilaya de Béjaïa, au village Iaâzouguen que Dda Mouloud Azzoug est né en 1954. Dès son enfance, il reçut les premiers enseignements sous l’assistance de son père, alors imam. A sa jeune enfance, il rejoint la zaouïa de Sidi-Saïd dans la localité de Imsisen. La chance ne lui a pas souri de poursuivre ses études coraniques, mais son père tient à ce qu’il apprenne la totalité du coran, c’est la loi de l’apogée maraboutique. Dda Mouloud, épris de poésie dès son jeune âge, a trouvé dans l’apprentissage du coran, matière à dissertations. Comme il le dit si bien, ça ne constitua aucunement une impasse, c’est-à-dire une situation de blocage, dont on ne voit pas comment s’en sortir, mais au contraire il constitua pour lui un stimulus. Au premier jour où mes premiers poèmes sont écrits, il m’a paru une autre tentative sérieuse pour concevoir une manière différente de se comporter, mon esprit a brillé à maintes occasions et se trouve complètement fertile devant la nécessité du renouveau spirituel et poétique», souligne-t-il. Artiste dans son domaine, il a aujourd’hui à son actif deux CD audio de poésie, accompagnés de leurs écrits. L’un intitulé Anzar et l’autre Gar yiccer d uksum (entre l’ongle et la chair). Des œuvres pour lesquelles Dda Mouloud a traité en premier la cause de la femme puisque dit-il : «On ne pourrait considérer la femme que lorsqu’une définition du bonheur pour elle soit établie avec précision, ne m’en voulez pas d’être aussi critique, mais nous vivons dans un monde plein de contradiction, d’absurdité de violences envers la femme, elle vit dans la misère et l’abrutissement, bref de monstruosités qui s’entremêlent et convergent toutes dans le même sens de l’appauvrissement de la femme», analyse-t-il. Des sujets divers sont traités en 35 poèmes, c’est le reflet de l’âme et la sensibilité qui habite le peuple et c’est aussi l’envie d’en dire plus qui découle de la petite vérité consciente de cet homme dans l’immense vérité cachée de sa création. L’auteur parle aussi de conscience qui, selon lui, donne le goût de la recherche de la vérité et rectifie les abus de son application : elle doit par conséquent se situer en amont de la science et en aval de la technologie. Pour en conclure avec le premier poème qui inaugure ces deux ouvrages, c’est à la mère qu’il rend hommage.
S. Chibane
