Si on connaît la fête de la cerise, à Larbaâ Nath Irathen on connaît moins bien la fête de la figue de Beni Maouche, dans la wilaya de Béjaïa qui a eu lieu ces jours-ci. Il est vrai qu’elle ne bénéficie pas de la même aura, mais la figue n’en est pas moins un fruit important dans la vie des populations de Kabylie. C’est si vrai, que la Kabylie est parfois appelée le “pays de la figue ». ll va de soi que lorsque l’on parIe de figue, il s’agit aussi bien de la figue fraîche-lexrif, tibekhsisin que de la figue sèche -tazarl, inighman. Si la première ne dure qu’une saison, le temps de sa maturité, la seconde, elle, est un aliment que l’on consomme toute l’année. ll est vrai que la figue sèche a beaucoup perdu de son importance dans l’alimentation des Kabyles, mais elle garde toujours une certaine valeur : la plupart des maisons en possèdent toujours une certaine quantité, réservée à des occasions, comme le Mouloud ou les naissances, la figue sèche étant consommée dans certains mets, comme l’arkul, la poudre de grains d’orge grillée et moulue… La figue sèche est aussi employée dans la pharmacopée populaire pour lutter contre certains maux comme la constipation ou l’anémie. Les qualités alimentaires de la f¦gue sont aujourd’hui connues et les diététiciens louent ses propriétés énergétiques et conseillent sa consommation. Ses vertus médicinales, notamment laxatives, sont également prouvées. Voilà donc un fruit utile, dont la consommation et la production doivent être encouragées. Mais hélas, ces dernières années une partie des figurerais ont été détruites par les incendies ou alors arrachées pour dégager des terrains de construction. Si rien ne fait n’est pour sauver ce qui reste, ce fruit délicieux risque de disparaître !
S. Aït Larba
