Grogne des parents d’élèves

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Jamais depuis plusieurs années, un sujet aussi brûlant n’a suscité autant d’interrogations et de débats au village de Tafoughalt relevant de la commune d’Ath yahia Moussa. En effet, depuis la rentrée scolaire, les parents d’élèves aussi bien ceux des filles que ceux des garçons ne cessent de se regrouper pour tracer un plan d’actions pour revendiquer le droit à l’internat pour leur progéniture. Dans cet ordre d’esprit, si besoin est, il y a lieu de rappeler que les élèves issus de ce village admis en première année secondaire dans les trois lycées de Draâ El Mizan ne bénéficient plus ni de l’internat, ni encore moins de la demi-pension. Pour une première action, un groupe de parents s’est entretenu dernièrement avec la directrice du lycée Hamdani Saïd où devraient normalement suivre leurs filles, leurs études comme internes. “Depuis l’inauguration de ce lycée, les filles de notre village étaient de tout temps admises en internat. On ne sait plus qui a lancé cette décision de les priver de ce régime”. En tout cas, on n’est pas convaincus de la réponse que nous a donnée Madame la proviseur qui sait pertinemment qu’en deuxième année et en troisième année, le tiers de son effectif arrive de Tafoughalt. Elle nous a promis de régler ce problème au niveau de la direction de l’éducation, mais on est sceptique car ce ne serait qu’une façon de temporiser”, nous a déclaré un membre du collectif des parents d’élèves. Quinze jours après la rentrée scolaire, le problème de ces filles est toujours en suspens. Les parents qui ne veulent passer à des actions radicales, selon leurs dires, ont entrepris une autre démarche. “Comme deuxième action, nous avons adressé au cours de la semaine des correspondances au proviseur du lycée, à l’administrateur commune de l’éducation comme ultime recours. Notre commune ne dispose pas de moyens de transports. Même si la municipalité a bénéficié de deux mini-bus, elle ne pourra jamais satisfaire tout le monde”, a enchaîné un autre interlocuteur. A entendre, toutes les interventions, les parents en rogne ne sont pas prêts d’abandonner cette revendication dont, disent-ils est un droit et non pas un privilège. “Notre village compte pas moins de cent soixante martyrs tombés au champ d’honneur pour ce pays. Et ce n’est pas par une décision arbitraire qui fera que nos élèves seront exclus de ce régime. Le transport et les frais de la restauration atteindront quotidiennement cent cinquante dinars par jour, et faites les calculs par mois pour un seul enfant. Imaginez ce que doit consentir comme sacrifices celui qui a deux enfants scolarisés dans ces lycées”, telles sont les paroles recueillies auprès d’un parent, fils de chahid au chômage. Enfin, cette situation doit trouver son épilogue en attendant la réalisation du lycée à Oued Ksar car il y va de l’avenir de toutes ces lycéennes qui sèchent des cours par manque de moyens financiers.

Amar Ouramdane

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